Dans un rapport sur la guerre au Yémen: Une mission d’enquête évoque des «crimes de guerre»

R. I., El Watan, 29 août 2018

Toutes les parties prenantes au conflit au Yémen ont potentiellement commis des «crimes de guerre». C’est ce qu’a affirmé hier une mission d’experts mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU), citée par l’APS.

Dans son rapport allant de septembre 2014, date du début des hostilités dans ce pays, jusqu’à juin 2018, le groupe d’experts présidé par le Tunisien Kamel Jendoubi relève que les frappes de la coalition menée par l’Arabie Saoudite «ont causé le plus de victimes civiles directes», touchant des «zones résidentielles», des «marchés» et «même des installations médicales».

Cette coalition militaire est intervenue en mars 2015 au Yémen pour aider le pouvoir à faire face aux rebelles houthis qui se sont emparés de vastes pans du territoire, dont la capitale Sanaa. Jeudi dernier, 26 enfants ont été tués dans des frappes de cette coalition, ont fait part des responsables de l’ONU. Le 9 août, un raid aérien, déjà attribué à cette coalition militaire, dans la province de Saada, fief des Houthis, a frappé un bus qui transportait des enfants, tuant 40 d’entre eux.

«Le groupe d’experts a des motifs raisonnables de croire que des membres du gouvernement yéménite et de la coalition ont pu mener des attaques en violation des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution pouvant constituer des crimes de guerre», souligne le communiqué.

Les enfants impliqués dans les hostilités

Dans ce «conflit oublié», les enfants paient un lourd tribut car ils sont également enrôlés par les différentes parties en présence. Les experts disposent d’«informations substantielles» leur permettant d’affirmer que «le gouvernement du Yémen, les forces soutenues par la coalition ainsi que les forces houthies» utilisent des enfants «pour participer activement aux hostilités».

«Dans la plupart des cas, ces enfants étaient âgés de 11 à 17 ans mais il y a eu des indications régulières sur le recrutement et l’utilisation d’enfants âgés de huit ans», relèvent les experts. Les blocus imposés par la coalition dans les ports yéménites ainsi qu’à l’aéroport de Sanaa peuvent aussi être qualifiés de crimes au regard du droit international, selon les experts.