Cholera: À la recherche des foyers de départ

Salima Akkouche, Le Soir d’Algérie, 29 août 2018

Les premiers cas de choléra sont apparus le 7 août dernier. L’origine de la maladie n’est toujours pas identifiée. Idem pour les foyers de départ. Les seuls points de départ de l’épidémie ayant été annoncés jusqu’à présent sont le foyer de Aïn-Bessem, où l’on a enregistré les premiers patients ayant présenté des symptômes de la maladie, ainsi que l’eau de source de Sidi-el-Kébir, à Ahmar-el-Aïn dans la wilaya de Tipasa.
L’épidémie de choléra se propage actuellement dans six wilayas du pays, à savoir, Bouira, Blida, Alger, Tipasa, Aïn-Defla et Médéa. Bouira est la wilaya où sont apparus les premiers cas avant que la maladie ne se propage aux autres wilayas. Il semble donc que la ville de Aïn-Bessem soit le foyer de départ de l’épidémie. Djamel Fourar, directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, a expliqué que les cas apparus à Blida sont de la même famille que celle atteinte à Bouira. «Ces derniers ont rendu visite à leur famille à Blida et ils ont ramené la maladie vers cette wilaya», a déclaré le docteur Fourar. Cependant, ce que l’on n’a pas encore précisé, c’est comment la famille de Aïn-Bessem a contracté la maladie. On sait seulement que ces membres de la même famille ont tous bu de l’eau du même puits. Les services sanitaires ont déclaré également un deuxième point de départ. Il s’agit de la source de Sidi-el-Kébir, à Ahmar-el-Aïn dans la wilaya de Tipasa dont l’eau a été consommée par des membres d’une même famille et dont les analyses ont fini par révéler la présence de la bactérie vibrion cholérique. Ces deux points sont les seuls foyers de départ déclarés jusqu’à présent. On ignore encore comment l’épidémie s’est propagée aux autres wilayas. Les contrôles au niveau des points d’eau à Blida, la wilaya qui enregistre le plus grand nombre de cas, n’ont donné aucun résultat jusqu’à présent. La visite familiale entre les deux familles de Bouira et Blida ne peut pas être à elle seule l’origine de la propagation. Selon le président du Conseil de l’Ordre des médecins, «c’est un travail d’amateurisme».
Le docteur Bekkat dénonce l’absence d’un institut de veille sanitaire qui n’est même pas prévu dans la nouvelle loi sanitaire. Selon lui, «ces instituts existent dans tous les pays du monde, c’est un institut qui nous donne l’état des lieux des maladies avec une situation épidémiologique, c’est comme un service météo». Par ailleurs, l’hypothèse de la contamination des fruits et légumes, avancée par le ministère de la Santé, a été réfutée par le ministre de l’Agriculture. Ce dernier a assuré dans un communiqué que la qualité des fruits et légumes produits en Algérie est indemne et l’eau d’irrigation absorbée par les plantes ne représente pas de danger pour les productions agricoles. Le ministre des Ressources en eau, pour sa part, a réagi au lendemain de l’annonce de la maladie pour rassurer sur la qualité de l’eau de robinet. Au ministère de la Santé, on estime que l’enquête sur l’origine de l’épidémie peut prendre plusieurs mois. «Nous devons remonter au cas zéro et nous n’en sommes pas encore là», indique-t-on.
S. A.