Conférence nationale du mouvement Mouwatana

Il compte l’organiser en octobre prochain

Liberté, 19 août 2018

Manifestations de rue élargies au reste du territoire national en septembre, une conférence nationale en octobre et une stratégie de communication tous azimuts ; tels sont les axes de travail que s’assigne le mouvement “Mouwatana” pour la rentrée sociale.

Pour poursuivre la dynamique enclenchée depuis le mois de juillet, les principaux animateurs du mouvement envisagent de nouvelles actions. Quitte à affronter, de nouveau, les réactions musclées des services de sécurité, les personnalités qui composent ce mouvement ont décidé de sortir dans les rues du pays. “Alger n’a été qu’une étape symbolique”, a indiqué Zoubida Assoul, porte-parole du mouvement, contactée hier. Après une réunion tenue hier à Alger, les responsables du mouvement ont élaboré un planning de manifestations dans différentes wilayas, confirme Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, contacté hier par téléphone. Notre interlocuteur n’a pas donné de détails. Mais il a indiqué que les manifestations auront lieu dès septembre prochain. Les objectifs n’ont pas non plus changé, puisque les acteurs de Mouwatana comptent toujours s’opposer à l’idée de voir le chef de l’État briguer un nouveau mandat au printemps 2019. Outre les manifestations de rue, les animateurs du mouvement, fondé en juin dernier par des chefs de partis d’opposition et des personnalités de la société civile, veulent structurer la société. Ils vont tenir, au mois d’octobre, une “conférence nationale” qui réunira tous les acteurs de l’opposition “qui veulent venir”, indique Soufiane Djilali, qui préfère ne pas donner plus de détails dans l’immédiat. Si les concernés ne sont pas loquaces autour de leur nouvelle initiative, il semblerait que l’initiative de Mouwatana ressemble beaucoup plus à la conférence de Mazafran. Tenue en juin 2014 à l’Hôtel Safir de Zéralda, cette conférence avait réuni les acteurs de l’opposition pour proposer une alternative au pouvoir qui venait de renouveler le bail d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’État, malgré un état de santé délicat. Mais l’initiative, mise notamment à l’épreuve des élections de 2017, a échoué. Chaque parti de l’opposition a préféré faire cavalier seul. Avant ces actions qui auront lieu à la rentrée, les animateurs de Mouwatana ont tenté de tenir, le 12 août dernier, un rassemblement à la place des Martyrs, à Alger. La police est vite intervenue pour l’empêcher, sous prétexte que les manifestations sont interdites à Alger. Un geste dénoncé par les organisateurs eux-mêmes et par d’autres acteurs politiques. C’est le cas de Talaïe El-Houriat qui a exprimé “sa condamnation énergique de la répression du sit-in pacifique organisé par le mouvement Mouwatana, à Alger, et l’interpellation de chefs de partis politiques, de responsables d’organisations de défense des droits de l’Homme et de militants du mouvement associatif ; interpellation significative du mépris des pouvoirs publics pour l’opposition”. En juillet, les animateurs du mouvement Mouwatana avaient élaboré une charte destinée à ceux qui veulent adhérer à leur initiative. Composé de 14 articles, le document rappelle, notamment, les principes républicains et l’interdiction d’utiliser la religion à des fins politiques. Mouwatana a également sollicité l’aide des partis politiques de l’opposition représentés au Parlement, afin de saisir le Conseil constitutionnel autour de la constitutionnalité de certaines lois.

Ali Boukhlef