La direction du FFS abolit le statut de “cadres intouchables”

Younes Saâdi, Maghreb Emergent, 2 août 2018

La direction nationale du Front des forces socialistes (FFS), met fin officiellement au statut « De princes intouchables » et impose le respect des textes et la ligne politique du parti à tous les niveaux. En effet, deux mesures audacieuses ont été prises cette semaine, à l’encontre de quatre cadres du FFS qui jouissaient depuis des années voire de décennies pour certains du statut de « Princes et de princesse intouchables ».

La plus importante de ces mesures est la suspension de l’ex-chef du groupe parlementaire du parti Chafaâ Bouaiche en attendant sa comparution devant les instances internes de discipline. Réputé pour son allégeance à l’ex-cabinet noir, le député de Bejaia est accusé par la direction de plus vieux parti de l’opposition de « Dénigrement des cadres du parti sur les réseaux sociaux ». Selon une source interne, le mise en cause dénigre « Sans cesse » depuis des mois voire des années les militants et les cadres parti qui n’ont pas adhéré à la démarche du cabinet noir. « Un rapport détaillé contenant des éléments de preuves a été remis à la direction nationale du FFS par un cadre du parti victime d’une campagne de dénigrement menée par Chafaâ Bouaiche sur les réseaux sociaux », explique notre source qui s’exprimée sous couvert de l’anonymat. Elle ajoute : « Les attaques menées contre les cadres du parti ont atteint la vie privée et familiale de ces derniers ». D’après notre source, l’instance présidentielle ainsi que le secrétariat national du FFS sont déterminés à mettre un terme une fois pour toute aux « Pouvoirs parallèles » et aux « Statuts de princes intouchables ».

Réagissant à cette décision, le concerné qualifie sur son compte facebook la direction nationale de son parti d’ « Appareils de répression ». « Quand on décide de militer de manière organisée dans le cadre d’un système bloqué par la dictature de la médiocrité, la corruption, l’Etat de non-droit et la prime à l’allégeance on prend forcément des risques », lit-on sur son compte. Il ajoute : « On se condamne à être la cible tantôt des nervis du système et tantôt des apparatchiks sans envergure qui en prolongent les nuisances….. Le FFS, son Histoire, ses principes, ses idéaux et ses militants sont plus grands que tous les appareils de répression, d’où qu’ils viennent ».

Des mesures contre quatre députés

En plus de la suspension de Chafaâ Bouaiche, la direction du FFS a décidé d’ouverture un autre front contre les députés du parti qui ne payent leurs cotisations comme le stipulent clairement les statuts du parti. « Le secrétariat national du FFS a décidé d’agir contre les députés du parti qui n’ont pas payé leurs cotisations depuis plus d’une année », a révélé notre source. Il s’agit de Karim Baloul, Chafaâ Bouaiche, Salima Ghezali et d’Aziz Baloul. Ces quatre députés n’ont rien payé depuis leur élection en mai 2017. « La direction du parti estime que rien ne peut justifier cet agissement de la part de ceux qui devaient servir d’exemple », indique notre contact. Interrogé sur la nature des mesures à prendre contre ces quatre députés, notre source affirme qu’au stade actuel, la direction du FFS se contentera des rappels à l’ordre avant de passer à des mesures plus dures qui peuvent aller jusqu’à la radiation et la levée de la couverture politique en cas où les mises en cause persistent dans leur refus d’assainir leur situation financière vis-à-vis du parti.

Notons que selon les textes du FFS, chaque député ou sénateur doit verser au parti 25% de son salaire net de parlementaire.