Le Brésil déterminé à renforcer ses «relations exceptionnelles» avec l’Algérie

Le ministre brésilien des relations extérieures en visite à Alger

Nabila Amir, El Watan, 24 juillet 2018

Le ministre brésilien des Relations extérieures, Aloysio Nunes Ferreira Filho, est arrivé dimanche à Alger pour une visite de trois jours, à l’invitation du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.

A son arrivée le chef de la diplomatie brésilienne s’est remémoré son séjour dans notre pays durant les années 1970 en tant qu’exilé politique. «L’Algérie a été une terre d’asile pour moi et pour tant de camarades brésiliens, de combattants de libération d’autres pays», dira-t-il, précisant que les deux pays ont cette ambition d’être «des facilitateurs et des promoteurs de la coopération et de la paix dans nos régions».

Cette visite, selon M. Ferreira Filho, témoigne de la détermination du gouvernement brésilien de poursuivre dans la voie des relations «exceptionnelles» entre les deux pays, tant que le Brésil et l’Algérie partagent des principes fondamentaux, notamment l’attachement à l’aspect social du développement économique et de non-ingérence dans les affaires internes des pays. Durant son séjour, le ministre brésilien prendra part à la réunion du dialogue algéro-brésilien.

A ce sujet, l’invité de l’Algérie a appelé à renforcer le partenariat économique et à faciliter les investissements entre les deux nations, soutenant que les relations politiques entre les deux pays sont «très harmonieuses», mais sur le plan économique il faudrait faire, selon lui, un effort dans le sens de leur diversification et leur approfondissement pour des relations «plus denses» entre les entreprises.

«Nous avons souligné la nécessité de stimuler le partenariat économique pour faciliter les investissements», a-t-il indiqué en marge d’une réunion de travail qui l’a regroupé avec le ministre des Affaires étrangères.

La venue du ministre brésilien, qui a été reçu par le chef de l’Exécutif, Ahmed Ouyahia, est donc une opportunité pour examiner les possibilités de renforcement des dispositifs de coopération existants entre les deux pays et la prospection de nouvelles pistes d’investissements.

A cet effet, il est a relevé que les échanges entre le Brésil et l’Algérie s’élevaient à 3,5 milliards de dollars, ce qui est très faible par rapport aux capacités des deux pays. M. Messahel, qui a confirmé ce chiffre, a indiqué que l’Algérie et le Brésil avaient convenu de «finaliser certains accords» qui méritent d’être revus pour donner une assise juridique à la coopération entre les deux pays et aussi pour permettre aux entreprises des deux côtés de travailler dans un «confort».

L’Algérie et le Brésil, explique M. Messahel, se sont engagés pour réunir, «dans les brefs délais», les chambres de commerce des deux pays et mettre en mouvement le forum des hommes d’affaires, relevant qu’il y a des secteurs à identifier, notamment l’industrie, l’agriculture et les travaux publics pour bénéficier de l’expérience brésilienne. «Le marché algérien est très porteur, car la sécurité et la paix sont garanties pour les investissements», a-t-il soutenu, ajoutant qu’un processus est en cours pour renforcer également la coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense.

Il a fait savoir que l’Algérie a tissé avec le Brésil des relations «très fortes», nommant, dans le sillage, la visite du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans ce pays en 2005, laquelle a constitué une «grande étape» pour la relance de cette coopération.

En outre, M. Messahel affirme avoir échangé avec son homologue brésilien sur l’expérience algérienne, notamment dans le domaine de la concorde civile et de la réconciliation nationale, ainsi que dans l’approfondissement de la démocratie.

Par ailleurs, un mémorandum d’entente a été signé hier entre l’Institut diplomatique et des relations internationales (IDRI) et l’Institut Rio Branco, relevant du ministère brésilien des Relations extérieures, pour la promotion de la formation dans le domaine diplomatique. Ce mémorandum a été signé par M. Messahel et M. Ferreira Filho.