Il quittera la prison en France le 16 juillet: Djamel Beghal sera-t-il expulsé vers l’Algérie ?

El Watan, 12 juillet 2018

Les autorités algériennes ont-elles accepté d’accueillir l’ancien terroriste du GIA, Djamel Beghal ? Devant quitter, le 16 juillet, la prison où il est détenu en France, l’homme, déchu de sa nationalité française, pourrait être expulsé vers l’Algérie qui aurait donné son accord.

Selon le quotidien français Le Monde, celui qui est considéré en France comme le mentor des frères Kouachi et d’Amédy Coulibaly, auteurs des attentats de janvier 2015 à Paris, sera renvoyé vers son pays d’origine à sa sortie de prison.

«Après de délicates tractations diplomatiques entre Paris et Alger autour de ce dossier, les choses semblent s’apaiser. Un laissez-passer consulaire devrait être rapidement délivré, permettant à Djamel Beghal de rejoindre son pays de naissance alors que ses papiers d’identité algériens sont périmés», explique la même source.

S’exprimant sur le sujet, la ministre française de la Justice, Nicole Belloubet, laisse entendre aussi que les autorités algériennes avaient donné leur accord. «Nous travaillons avec les Algériens pour qu’ils accueillent Beghal qui n’a plus la nationalité française, mais si l’Algérie n’en veut pas, il sera assigné à résidence.» Et d’ajouter : «Les choses peuvent tout à fait se résoudre d’ici à sa sortie de cellule.»

Djamel Beghal est devenu en France le symbole de l’islamisme mondialisé. Il a été déclaré «expulsable» en 2007, deux ans après avoir été condamné à 10 ans de prison pour «association de malfaiteurs à visée terroriste».

Il termine de purger une seconde peine de 10 ans de prison pour un projet d’évasion en 2010 de Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien du Groupe islamique armé algérien (GIA) condamné à perpétuité pour l’attentat à la station de train régional RER du Musée d’Orsay en 1995 à Paris.

Après avoir refusé son expulsion vers l’Algérie, Djamel Beghal serait actuellement favorable à cette option. «Il y a 10 ans, nous avions bloqué son expulsion vers l’Algérie en raison du risque de torture encouru. Le climat lui apparaît désormais plus apaisé», estime son avocat Bérenger Tourné, dans une déclaration à l’AFP.

Selon lui, le concerné «ne veut pas se retrouver à nouveau assigné à résidence, ce qui revient à rester privé de liberté d’aller et venir (…)». «Rien ne devrait s’opposer à son expulsion, puisque tous savent qu’il est algérien», ajoute l’avocat, précisant avoir déposé depuis début 2017 une demande de «libération conditionnelle-expulsion vers l’Algérie».