Emploi: «90.000 travailleurs étrangers déclarés en Algérie»

M. Aziza, Le Quotidien d’Oran, 30 juin 2018

Pas moins de 90.000 travailleurs étrangers travaillent en Algérie. C’est ce qu’a affirmé Mourad Zemali, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, lors de la cérémonie de clôture du programme de coopération Sud-Sud pour les pays d’Afrique dans les domaines du dialogue et la protection sociale, tenue jeudi dernier à l’Ecole supérieure de la sécurité sociale.

Le ministre a indiqué que selon les chiffres officiels l’Algérie compte 90.000 travailleurs étrangers déclarés qui travaillent sur son sol. Il a déclaré que les travailleurs étrangers déclarés sont généralement de nationalité chinoise, turque et égyptienne. Ils sont souvent dans le secteur du BTPH, le secteur des nouvelles technologies ou dans la production. Mais, explique-t-il, ceux qui sont appelés à travailler en Algérie sont ceux qui répondent exactement aux besoins de notre pays, c’est-à-dire les spécialités qui ne figurent pas dans le fichier de l’ANEM. Mais qu’en est-il du travail des migrants notamment ceux issus des pays subsahariens qui exercent dans l’informel ? Le ministre a reconnu que le travail des étrangers dans l’informel « est difficile à cerner », sans pouvoir avancer aucun chiffre, ne serait-ce qu’un chiffre approximatif sur cette question. Il a juste précisé que les autorités algériennes essayent dans le cadre de la législation du travail et de la loi de gérer ce dossier qui a un volet humanitaire « mais qui reste un dossier très sensible », atteste-t-il. Il a tenu à souligner que les actions des autorités algériennes ne visent nullement les migrants eux-mêmes qui cherchent leur gagne-pain seulement, mais sanctionnent les employeurs qui emploient cette main-d’œuvre sans la déclarer. Et d’affirmer que l’inspection du travail est sur le qui-vive en traquant les employeurs qui « exploitent » les migrants sans déclaration. Il dira que beaucoup d’infractions ont été signalées et certains employeurs ont été sanctionnés par le payement de pénalités ou poursuivis en justice.

La Caisse nationale des retraites toujours en difficulté

Le ministre du Travail a affirmé que les cotisations de la Caisse nationale de sécurité sociale ont augmenté que de 2%, ce qui est très infime, selon sa perception des choses. Tout en pointant du doigt les employeurs qui ne déclarent pas leurs travailleurs et ceux qui font des sous-déclarations. Et d’insister sur la nécessité de préserver le système de la sécurité sociale et celui de la retraite. Pour lui, « la sécurité sociale est une question nationale, et qu’il faut la préserver, notamment pour les générations futures ». Si la Caisse de sécurité sociale trouve des difficultés à augmenter ses revenus « cotisations », le ministre a reconnu que la Caisse nationale des retraites connaît d’énormes difficultés financières qui mettent en danger sa pérennité. Elle fait face, dit-il, à un déficit qui tourne autour de 50%. Il dira que la caisse a failli ne pas verser les pensions des retraités au-delà du mois de mai-juin, n’était-ce l’attribution par le gouvernement d’un montant de 500 milliards de dinars. Il a tenu à rappeler que la CNR débourse plus de 1200 milliards de DA annuellement dans ce cadre, soit l’équivalent de 12 milliards de dollars. Et d’affirmer que « l’Algérie est très généreuse » à travers son système de sécurité sociale, où le travailleur algérien bénéficie d’une retraite de 80% de son salaire au bout de ses 32 ans de travail, tandis que le travailleur dans les pays européens bénéficie de 50% de son salaire après 41 ans d’exercice.

Les syndicats ont le temps pour prouver leur représentativité

En ce moment d’accalmie sur le front social, notamment avec l’amorce des programmes estivales et la préparation des vacances, Mourad Zemali n’a pas écarté la révision à la baisse du taux requis pour la représentativité syndicale, si jamais il y a une éventuelle révision dudit taux. Mais, pour lui, la loi aujourd’hui exige un taux de représentativité des travailleurs dans l’organisation syndicale qui est de 20%, «qu’il soit jugé trop élevé ou trop bas, les syndicats doivent tout de même se conformer à la législation algérienne », a-t-il insisté. Et d’affirmer que les syndicats n’ayant pas pu atteindre les 20% ne risquent en aucun cas un retrait de leur d’agrément ou une quelconque dissolution. Mais, dit-il, ils seront seulement privés du droit de négocier et de revendiquer! en indiquant que 24 syndicats ont jusque-là prouvé leur représentativité, en conformité avec le cahier des charges, le ministre a affirmé que ceux qui ne sont pas conformes ont le temps pour régulariser leur situation.

Et d’affirmer que le délai a été prolongé et aucune date butoir n’a été arrêtée ce qui donne la possibilité aux syndicats concernés de se réorganiser et de réguler leur situation. Il affirme que certains syndicats ont juste présenté les noms de leurs adhérents, alors qu’il fallait présenter les noms et le numéro de sécurité sociale de tous les travailleurs affiliés aux syndicats pour éviter la confusion.