Rencontre d’affaires algéro-française de Business France: Alger veut lever les mauvaises notations

Liberté, 24 juin 2018

Les trois salles du siège de Business France à Paris étaient pleines, lors de l’ouverture jeudi de la 11e rencontre “Algérie”, rapporte un participant algérien membre du Medef. Ils étaient 200 représentants de la communauté d’affaires française à participer à cet évènement et 150 côté algérien. Parmi les grandes sociétés de l’Hexagone figuraient Renault, Peugeot, Engie et le groupe Avril.
Le représentant de Renault a affiché son satisfecit concernant l’investissement et les résultats de l’usine Renault d’Oran. L’une des principales annonces de cet évènement : Renault et Peugeot ont décidé de mutualiser leurs sous-traitants, a ajouté la même source. En clair, les deux constructeurs ont déclaré qu’ils vont impliquer leurs sous-traitants qui travailleront en Algérie à fournir les pièces pour les deux usines automobiles d’Oran, permettant d’atteindre ainsi le niveau d’intégration de 40% retenu par le cahier des charges automobile. Quant au projet d’usine Peugeot d’Oran dont le lancement connaît un retard à cause d’un problème de terrain, le problème est pris en charge par les pouvoirs publics, a rassuré le représentant de Peugeot. Comme à l’accoutumée, les entrepreneurs français ont posé leurs préoccupations relatives aux questions de sécurité, de climat des affaires, ainsi que sur les mesures de restrictions aux importations. Sur le premier point, l’ambassadeur d’Algérie en France, Abdelkader Mesdoua, a pointé du doigt la cotation Coface sur le risque Algérie qui, selon lui, est loin de refléter la réalité du pays.
L’Algérie a été classée, rappelons-le, par cette agence d’assurance-crédit à la catégorie C, soit un pays à risque. Le directeur général de la promotion des investissements au ministère de l’Industrie, Nacer Mehalebi, a fait valoir que l’Algérie est classée par l’institut américain Gallup au septième rang mondial et premier en Afrique. Dans la foulée, un participant français, un expatrié, a rassuré : “On circule en toute sécurité sur le territoire national.”
L’ambassadeur d’Algérie à Paris a également reproché à la partie française le net recul des échanges économiques entre l’Algérie et la France ces trois dernières années et la part marginale des investissements directs en Algérie.
Un représentant de la communauté d’affaires française a répondu que le stock des investissements français en Algérie est de 2 milliards de dollars, ce qui est un chiffre important, selon lui. Sur les restrictions aux importations, la partie algérienne a répondu qu’elles étaient provisoires.
Il faut savoir que la situation économique en France s’est améliorée et que les opérateurs français sont à la recherche de marchés extérieurs qui sont en fait en concurrence, relève la même source. Il appartient, de ce fait, à l’Algérie de convaincre ces opérateurs à investir en Algérie, en faisant valoir ses atouts par un travail de marketing. La balle, en un mot, est en partie dans le camp algérien.

K. Remouche