Les résidents dénoncent une guerre psychologique

Le dialogue au point zéro
Le Soir d’Algérie, 11 juin 2018

Les médecins résidents jettent, une fois de plus, la balle dans le camp du ministère de la Santé. Le Camra se dit prêt à faire des concessions pour peu qu’il reçoive en contrepartie des garanties. Les négociations conditionnées, affirment les résidents, ne plaident pas pour un dénouement de la crise. Le Camra dénonce une guerre psychologique via l’organisation du DEMS alors que les étudiants n’ont pas eu cours depuis sept mois.
Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Aucun contact, ni proposition de la part du ministère de la Santé. Celui de l’Enseignement supérieur se comporte comme s’il n’était pas concerné par la grève des médecins résidents. Ces derniers affirment que le blocage n’est pas de leur fait mais est dû à la position de leur tutelle.
Si un seuil de satisfaction est atteint, le Collectif est prêt à arrêter la grève.
La seule concession, affirme le Camra, qu’il ne fera pas, c’est de léser une catégorie de résidents. Le Camra affirme qu’aucun contact ni aucune proposition n’ont été faits depuis un mois et demi.
Pour le Dr Hedjab, une des porte-parole du Collectif des résidents, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une «guerre psychologique» menée contre des résidents livrés à eux-mêmes depuis des mois. Non seulement, dit-elle, le ministère de l’Enseignement supérieur a brillé par son absence durant tout le conflit, il s’illustre actuellement par des mesures sanctionnant les grévistes et exerçant sur eux des pressions. Elle en veut pour preuve la nouvelle programmation du DEMS qui, dit-elle, viole les dispositions légales.
Avec ces pratiques, affirme la porte-parole du Camra, le ministère de l’Enseignement supérieur tente de faire douter les résidents et les diviser. Comment expliquer sinon que l’examen soit organisé après sept mois de grève et alors même que les professeurs estiment ne pas pouvoir valider l’année pédagogique.
Le ministère de la Santé est également pointé du doigt. Le Dr Afiri déplore qu’aucune réunion ni même une proposition n’aient émané de la part du département de la santé. Pourtant, dit-elle, les médecins résidents ont tendu la main et sont même prêts à arrêter la grève pour peu que des solutions soient trouvées.
Les résidents, dit-elle, ont usé de tous les moyens pour provoquer une réunion et seraient prêts à faire des concessions.
Sur la même lancée, le Dr Mohamed Taileb s’est demandé comment faire évoluer la situation s’il n’y a aucun contact. Les négociations, dit-il, ne doivent pas être conditionnées car à l’heure actuelle, dit-il, les résidents n’ont reçu aucune garantie même au moment où ils avaient décidé la reprise des gardes.
Il rappelle que l’arrêt des gardes n’est venu que cinq mois après un conflit qui n’a fait que s’enliser au moment où les deux tutelles continuent de proférer des menaces à travers certains gestionnaires et chefs de service.
Certains demandent aux résidents qui reviennent au travail de signer un engagement pour ne plus faire grève, en totale violation de la législation.
N. I.