500 milliards de dinars pour des projets d’infrastructures

Avant-projet de loi de finances complémentaire pour 2018

Liberté, 7 juin 2018

Ces financements, destinés à relancer une série de projets, notamment sociaux, gelés ces trois dernières années, ne seront pas dégagés à partir des crédits de paiement, mais puisés du Fonds national d’investissement.

Le Conseil des ministres a approuvé mardi la disposition de l’avant-projet de loi de finances complémentaire pour 2018 qui prévoit une dotation de 500 milliards de dinars pour financer des projets d’infrastructures.
Le communiqué officiel rendu public à l’issue de la réunion précise qu’il s’agit d’un montant en autorisation de programme, sans inscription de crédits de paiement supplémentaires. Cela veut dire qu’il s’agit d’un financement qui ne sera pas dégagé à partir de crédits de paiement, en un mot à partir d’une rallonge budgétaire.
En termes simples, cet argent ne sera pas tiré du budget de l’État mais puisé du Fonds national d’investissement (FNI). Il est destiné à financer des projets sociaux gelés ainsi que des projets d’infrastructures.
Précisément, “cette nouvelle dotation permettra de relancer une série de projets notamment sociaux gelés ces trois dernières années du fait de la tension financière sur le budget de l’État. Elle permettra d’engager de nouvelles réalisations d’infrastructures qui seront financés en concours temporaire par le Fonds national d’investissement (FNI). Il s’agira notamment de voies ferrées et de rocades à réaliser ou à moderniser au profit du nouveau port du Centre et de l’augmentation de l’exploitation des mines de phosphate ainsi que de la modernisation du port d’Annaba en liaison avec ce même objectif”, lit-on dans le communiqué.
Ce choix laisse penser que le FNI décaissera ce montant à partir de l’argent de la planche à billets, un montant déjà affecté par le Trésor au FNI au titre de la loi de finances 2018. Mais pour Mohamed-Cherif Belmihoub, économiste et spécialiste des politiques publiques, du fait de l’inscription de la dotation en autorisation de programme (projets programmés dans la loi de finances mais sans inscription de leur financement sous forme de crédits de paiement) et non en crédit de paiement, il s’agirait plutôt de fonds affectés par le Trésor pour des projets d’infrastructures qui ne sont pas encore maturés et qui de ce fait ont été réaffectés pour des projets dont le dossier est finalisé. C’est une bonne chose. C’est un complément pour le budget d’équipement. L’augmentation des dépenses d’équipement se diffuse sur l’économie et aura un impact positif sur la croissance de l’économie nationale.
Même si cela ne représente que 12% du budget d’équipement. Ce montant de 500 milliards de dinars permettra de dynamiser  certains secteurs tels que les travaux publics
et l’hydraulique, de financer des projets de dessalement d’eau de mer, de voies ferrées, de routes…
Le chef de l’État, dans son intervention à l’issue de l’adoption de la loi de finances complémentaire, a insisté cependant sur la gestion prudente des ressources financières du pays. “Cela ne doit pas empêcher la relance des projets sociaux gelés ces dernières années ainsi que la consolidation du réseau des infrastructures de base surtout lorsque celles-ci sont liées à des projets économiques dont la rentabilité est établie”, a-t-il ajouté. En somme, il s’agit de dépenses publiques supplémentaires en période de crise. Une politique qui soulève des réserves d’institutions financières internationales qui appellent à plus de rigueur budgétaire. 

K. Remouche