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En espérant obtenir l’autorisation des autorités algériennes

RSF reporte sa visite au mois
de décembre prochain

Youcef Zirem, La Tribune, 4 octobre 2000

Prévue pour la semaine en cours, la visite de Reporters sans frontières (RSF) en Algérie est finalement reportée au mois de décembre prochain. L’ONG que dirige Robert Ménard tentera, du 15 au 21 décembre prochain, de faire la lumière sur le cas des journalistes disparus. RSF compte également, si les autorités lui permettent de revenir en Algérie, faire une campagne médiatique dans la presse algérienne en rapport avec la situation des journalistes portés disparus depuis déjà des années. RSF a déjà pris contact avec les éditeurs de presse algériens pour l’aider à passer des pages de publicité à propos des journalistes disparus. Pour rappel, cinq journalistes algériens sont portés disparus. Ce sont Djamil Fahassi (de la radio étatique chaîne 3), Aziz Bouabdellah (du quotidien arabophone EL Alem Essiassi, qui a arrêté de paraître), de Kadour Bousselham (du quotidien gouvernemental Horizons), de Mohamed Hassaïne (du quotidien Alger Républicain, qui ne paraît plus) et de Salah Kitouni (du journal Ennour, qui paraissait à Constantine). Tout comme RSF, Amnesty International a également émis le vou de revenir en Algérie (après sa visite du printemps dernier), mais il semble que la réponse des autorités à ce sujet tarde à venir. Dans une courte interview publiée, hier, par le quotidien le Jeune Indépendant, Donatella Rovera, responsable de cette ONG, a affirmé qu’elle a pris connaissance des propos de Ahmed Ouyahia, disant que Amnesty International peut revenir en Algérie. Pour cela, elle espère un séjour de Amnesty International en Algérie dans un «futur très proche». Mais Donatella Rovera regrette que les questions contenues dans son mémorandum confidentiel, adressé à la présidence de la République, (le 23 août 2000) demeurent encore sans réponse. Ce mémorandum a été publié intégralement par le quotidien gouvernemental El Moudjahid. Pour Donatella Rovera, Amnesty International a envoyé ce mémorandum aux autorités algériennes en espérant des réponses avant de rendre public son prochain rapport. Donatella Rovera a rappelé que son organisation avait, de par le passé, (en 1992 et en 1995), envoyé deux mémorandums confidentiels au pouvoir algérien. A cette époque-là, les autorités algériennes n’arrêtaient pas de stigmatiser les positions de Amnesty International en rapport avec la situation en Algérie. Depuis l’intronisation de Abdelaziz Bouteflika au poste de premier magistrat du pays, au mois d’avril 1999, les relations entre l’Algérie et les ONG, en général, sont devenues différentes de ce qu’elles étaient auparavant. Mais après le séjour de plusieurs de ces ONG en Algérie, au printemps dernier, et après leurs positions rendues publiques (dans lesquelles elles restent critiques par rapport à la démarche des autorités), il semble que le pouvoir algérien ne se presse pas pour répondre aux demandes de visite actuelles de ces ONG