Affaire Smail Mira-FFS à Tazmalt

Affaire Smail Mira-FFS à Tazmalt

La Présidence mise en cause

Nadir Benseba, Le matin, 20 août 2000

Le FFS accuse la Présidence de la République de soutenir politiquement et
financièrement le président de l’APC de Tazmalt, Smail Mira. Le but étant de
trouver les relais nécessaires pour véhiculer la politique du pouvoir en
Kabylie.

La Présidence de la République vient d’être mise en cause par le Front des
forces socialistes (FFS) dans les événements qui ont défrayé la chronique,
ces derniers jours, du côté de Tazmalt, une ville située dans la wilaya de
Béjaia.
 » Nous savons que Smail Mira (maire de la commune de Tazmalt) dispose d’un
soutien financier et politique de la Présidence, particulièrement par le
biais du chargé des affaires kabyles, en l’occurrence Rachid Aissat « ,
déclarait hier Samir Bouakouir, membre du secrétariat national du parti d’Ait
Ahmed. La Présidence, suggère Bouakouir, est complice d’un fait contraire aux
règles de gestion des affaires de la cité. Cette accusation serait d’autant
plus grave si les reproches formulés contre le maire de Tazmalt sont fondés.
Onze organisations locales, soutenues par la famille révolutionnaire de l’ONM
et de l’ONEC ont, en effet, exigé  » la transparence et la justice dans la
distribution des logements sociaux et des lots de terrain dont la liste n’a
pas été affichée  » lors d’un sit-in tenu, mardi dernier, devant le siège de
la municipalité.
Au demeurant, les événements se succèdent et le risque d’une aggravation de
la situation se profile. La raison : en plus de la grogne qui ne cesse de
s’amplifier, le parti d Ait Ahmed ne compte pas laisser cette occasion passer.
Une occasion pour solder les comptes avec un maire qualifié par le FFS  » de
seigneur de guerre et d’avoir tué le jeune Ouali Hamza lors des
manifestations qui ont suivi l’assassinat de Lounes Matoub « . En tout état de
cause, le FFS est décidé à mettre toute la pression possible afin d’évincer
Mira de son poste de premier élu de la ville. Aujourd’hui, les militants de
cette formation politique organisent un meeting durant lequel la direction,
promet-on,  » procédera a une mise a nu de toutes les pratiques mafieuses qui
ont ruiné l’institution communale de Tazmalt « .  » Nous soutenons toute action
citoyenne qui réclame une justice dans la gestion des affaires publiques, et
si le FFS organise aujourd’hui un meeting à Tazmalt, c’est également dans le
cadre de ses activités de déploiement « , explique Bouakouir. Mais comment la
Présidence, qui mène actuellement une campagne contre la mauvaise gestion des
mairies, se retrouve dans ce cas de figure impliquée ?
Au FFS, on ne doute point : le mouvement de contestation organisé récemment
devant le siège de la municipalité aurait pu être évité. Selon Bouakouir,  »
l’argent déboursé par la Présidence de la République pour ses visées politiques
a été investi dans des projets tendant à amorcer une véritable politique du
logement et autre démarche ayant pour objectif d’améliorer les conditions de
vie du citoyen « . Samir Bouakouir estime les dépenses de la Présidence à
coups de milliards. Il signale :  » Avec cette manne les autorités auraient pu
non seulement rehausser le niveau de vie des citoyens, mais faire bénéficier
d’autres régions du pays.  » Qui en sont les heureux bénéficiaire ? Notre
interlocuteur désigne les associations de citoyens de Béjaia et de Tizi
Ouzou, ACT et ACB. Ces organisations ont été installées par les proches
conseillers de Bouteflika au lendemain de son élection a la Présidence de la
République. Leur objectif : trouver des relais dans la société afin de
transmettre le message politique du Président. Faire admettre l’amnistie des
terroristes islamistes et atténuer l’ardeur des berbérophones concernant leur
volonté de constitutionnaliser et d’institutionnaliser la langue amazighe
était le dessein qu il fallait matérialiser. Il demeure néanmoins que toutes
nos tentatives d’entrer en contact, hier, avec Mira sont restées vaines.

 

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