Le GSPC de nouveau une menace ?

Le GSPC de nouveau une menace ?

par Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant, 6 mars 2007

Les deux dernières attaques terroristes meurtrières à Takhoukht, en Kabylie, et à Hayoun, près d’Aïn Defla, viennent relancer les inquiétudes et démontrer sur le terrain que la recrudescence des activités terroristes n’est plus une vue de l’esprit.

Et le silence observé inhabituellement par les médias officiels au lendemain des attaques met suffisamment en évidence l’embarras des autorités. Un silence inopportun qui ne peut que contribuer à amplifier les appréhensions. Que faut-il penser quand le quotidien national El Moudjahid vous annonce «12 morts dans différentes attaques» en Irak et qu’il reste muet sur les morts de chez nous.

Même si elles ne sont pas revendiquées, les attaques de Takhoukht et de Hayoun ne peuvent être signées que du GSPC puisque c’est officiellement le dernier groupe terroriste en vadrouille. Resté orphelin, le GSPC a suivi les bons conseils et s’est doté d’un tuteur : El-Qaïda.

Mais, d’El-Qaïda nous ne connaissons de réel que les voix enregistrées. Depuis l’annonce du tutorat, le GSPC obéit donc aux voix et densifie ses activités avec l’ouverture du procès de la corruption. Le GSPC avait menacé de s’en prendre à la France et aux intérêts français.

Il prit cependant tout son monde à contre-pied. Car les intérêts qui avaient été en réalité ciblés, ce sont les intérêts américains, près de Club des pins, et les intérêts russes à Hayoun. L’attentat qui a fait exploser le bus de la société russe était plus ou moins une réplique de celui mené contre le bus de BRC à Bouchaoui ! Le GSPC, qui s’est octroyé – arbitrairement ? – une dimension maghrébine, se fait en tout cas plus audacieux, plus entreprenant et surtout plus nuisible.

Mais dans quel objectif ? vous interrogent les gens. Car très rares sont parmi les Algériens ceux qui pensent qu’El-Qaïda peut avoir un quelconque avenir en Algérie. En réalité, El-Qaïda n’a jamais gagné la confiance des populations algériennes.

En Algérie, les populations, qui sont majoritairement sunnites, malékites, ont moins de sympathie pour la mystérieuse El-Qaïda que par exemple pour le Hezbollah, le mouvement chiite libanais qui s’avère la bête noire de l’ennemi commun : Israël.

Et il devient difficile pour le commun des Algériens qu’El-Qaïda, qui n’a encore usé ne serait-ce que d’un pétard contre les sionistes, puisse commanditer un djihad meurtrier en Algérie, pour trucider les corps constitués et les bus privés algériens, sinon leurs hôtes étrangers.

Si les arrestations annoncées ces derniers temps par les services de sécurité sont justifiées, il devient clair, au vu de leur nombre, que le GSPC s’est suffisamment régénéré, qu’il vise à se redéployer et qu’il opte pour le spectaculaire afin de masquer les déficits.

La paix, la réconciliation ? Au GSPC on semble imprégné de la même logique que celle qui faisait dire à Ouyahia que «le terrorisme, on le combat, point !». Les sous-traitants de Ben Laden au Maghreb central doivent penser : «Le taghout, on le combat, point !» Peut-être qu’eux aussi combattent pour des quotas ? M. Z. [email protected]