Les « Blagues » de la Françalgérie : Faut-il s’étonner de ceux qui s’étonnent encore ou s’étonner tout court ?

Les « Blagues » de la Françalgérie : Faut-il s’étonner de ceux qui s’étonnent encore ou s’étonner tout court ?

Zineb Azouz, 28 décembre 2013

La dernière bouffonnerie du président Hollande lors de son « très sérieux » discours prononcé à l’Elysée à l’occasion du 70 ème anniversaire du CRIF, et qui a fait rire l’assistance, semble ne pas plaire en Algérie, même si l’Algérie « officielle » (celle des officines et des officiers) n’a pas l’air d’être gênée outre mesure par la situation.

Comme le montrent les 5 premières minutes de la vidéo, en voulant corriger une erreur à propos de la mission du ministre de l’intérieur en Algérie, Hollande lance sa blague : « Il en revient (d’Algérie) sain et sauf ». Avant d’ajouter : « c’est déjà beaucoup ! », tout en souriant.

Sommes-nous censés être offusqués parce que l’assistance donne l’air de se moquer de l’Algérie (dont le président n’a pourtant raté aucune occasion pour féliciter son homologue Hollande y compris au Mali) ? Sommes-nous juste choqués par tant de goujaterie de la part d’un chef d’Etat socialiste qui, consciemment ou inconsciemment lance un clin d’œil à Guy Mollet, à son père et à tous les ex-OAS présents et sans doute nombreux dans la salle ? Serions-nous encore une fois trop susceptibles et pas assez formatés à l’humour, comme avec les caricatures ? Sommes-nous en colère parce que c’est devant le CRIF qu’on a ri et fait rire en citant l’Algérie ?

Sommes-nous juste énervés par ce silence strident de la « diplomatie » algérienne, ou ce qu’il en reste ? Serait-ce l’image d’une Algérie instable et dangereuse, comme un pays éternellement en guerre qui nous aurait agacés, une Algérie où le « roumi » serait systématiquement égorgé ?

Voilà une affaire qui réveille beaucoup de réflexes, entérine bon nombre de mécanismes, confirme bien des statuts ou des non-statuts et rappelle, une fois de plus, à quel point l’absence d’un Etat est cruelle et avilissante.

Après tout, le ministre de l’intérieur « rentré sain et sauf » n’a jamais été notre invité, encore moins celui de l’Algérie et c’est donc aux chambellans qui se sont donnés tant de mal pour dérouler les tapis rouges et l’accueillir dans les palaces (de l’autre Algérie), de réagir, d’être vexés, voire même d’applaudir et de rire aux éclats à cette blague.

Z.A.