Zehouane crible d’accusations le FFS

LIGUE ALGÉRIENNE POUR LA DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME

Zehouane crible d’accusations le FFS

Le Soir d’Algérie, 25 août 2009

La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), version Hocine Zehouane, a toujours maille à partir avec le Front des forces socialistes (FFS) de Hocine Aït-Ahmed. Dans une conférence de presse animée hier au siège de la Ligue à Alger, Hocine Zehouane a dénoncé une accointance soutenue entre le FFS et la FIDH pour, à défaut de la contrôler, casser la LADDH.
Sofiane Aït-Iflis – Alger (Le Soir) – Les malheurs de Zehouane en tant que président de la LADDH ont commencé dès le congrès qui le désigna à cette fonction les 22 et 23 décembre 2005. Même avant le conclave organique de Boumerdès, Zehouane n’était plus en odeur de sainteté chez le parti de Hocine Aït-Ahmed. Cette animosité que le FFS nourrirait à son égard, le président de la LADDH la remonte aux premières semaines qui ont suivi la démission du président Liamine Zeroual. Hocine Zehouane, se laissant aller aux confidences, a soutenu que Aït-Ahmed, intéressé à l’époque par une candidature à la magistrature suprême, l’avait approché pour l’impliquer dans sa campagne électorale au niveau de l’Algérois. Son refus de servir de béquille électorale au «zaïm» le placera en ligne mire de l’artillerie politique du FFS. «A la démission du président Zeroual, Aït-Ahmed m’a envoyé l’un de ses neveux pour me demander de l’aider dans sa campagne électorale au niveau d’Alger. J’ai été reçu par ce neveu au Musée des arts africains (la somptueuse villa d’Aït-Ahmed) et je lui ai signifié qu’il était suicidaire d’aller aux élections», a-t-il révélé. Ce refus a irrité Aït-Ahmed et a conséquemment sabordé la relation jusque-là très bonne entre les deux hommes. «Depuis, nos relations se sont gâtées», a avoué Zehouane qui, depuis 2005, subira la franche adversité du FFS. «Pour situer des repères, mettons au grand jour cet épisode révélé au congrès de la LADDH à Boumerdès les 22 et 23 septembre 2005 quand, à la stupeur générale, il fut découvert un plan d’une chefferie politique, le FFS, qui visait à s’emparer de la direction de l’organisation ou, selon l’ordre donné de l’extérieur aux agents infiltrés dans les assises, à “casser le congrès”», a accusé Zehouane, poursuivant que «les informations ultérieures recueillies font état d’un plan dont on pilotait l’exécution à partir d’un “séminaire” organisé avec la Fondation Jean Jaurès à une centaine de mètres de l’hôtel Soummam où se déroulaient les travaux de la ligue». La manœuvre n’a pas réussi, puisque Zehouane est porté à la tête de la ligue. Mais elle ne s’est pas pour autant arrêtée, à en croire Zehouane. Ce dernier a accusé le FFS d’entrer en accointance avec des réseaux d’intérêts à l’extérieur pour briser la ligue. Il a cité nommément Driss-El Yazami, un Français d’origine marocaine qui officie en tant que premier responsable de plusieurs organisations, dont la FIDH dont il assure le secrétariat général. «Longtemps en rapports intimes avec les dirigeants du FFS à Paris, il a abrité (El Yazami, ndlr) une cellule spéciale avec à sa tête un neveu d’Aït-Ahmed, Yahia Assam, dès 2001 avec pour mission de préparer la mainmise sur la LADDH à Alger», a-t-il encore accusé. Selon Zehouane, la LADDH n’a pas bonne presse chez la FIDH en raison de sa position par rapport au conflit du Sahara occidental. Etant Marocain et membre du Conseil consultatif royal pour les droits de l’homme (CCRDH) et responsable du Conseil royal pour l’émigration, El Yazami servirait les intérêts marocains. Bouchachi est ligoté par le FFS se réclamant, lui aussi, président de la LADDH. Mustapha Bouchachi subira les foudres de Hocine Zehouane. Selon ce dernier, Bouchachi ne peut pas se départir de la vision partisane du FFS, tant il officie en tant que conseiller de Hocine Aït- Ahmed. Zehouane révélera, en guise d’affirmation pouvant étayer son propos, que Bouchachi a été convoqué récemment en Suisse par Hocine Aït-Ahmed. Par ailleurs, Zehouane a souligné que la FIDH fait tout pour promouvoir Bouchachi. «Je suis convaincu qu’elle va le financer», a-t-il dit. Zehouane n’aura pas le propos mielleux à l’endroit d’Ali-Yahia Abdenour, le président d’honneur de la LADDH, aile chapeautée par Bouchachi. «La relation avec Ali- Yahia est distante. Elle est même mauvaise.» Depuis 1997, a-t-il dû préciser, lorsque, reçu par une délégation du Parlement européen, Ali Yahia, à l’insu du reste des membres de la direction de la ligue, s’est fait le porte-missive du FIS dissous.
S. A. I.