Rassemblement de soutien aux titres mis en demeure

Rassemblement de soutien aux titres mis en demeure

«L’armée doit intervenir comme en janvier 1992»

Deux cent personnes, journalistes compris, se sont rassemblés, le mardi matin 16 août, à la maison de la presse Tahar Djaout pour exprimer leur soutien aux sept journaux sommés, jeudi dernier, par les imprimeries publiques de payer leurs dettes.

Mohamed Mehdi (Journaliste au Quotidien d’Oran), Algeria-Watch, 19 août 2003

Des militants, des députés et des membres du Comité Central et du bureau politique du FLN ont été les premiers sur les lieux. Ils ont investi la maison de la presse vers 10 h. La délégation du FLN était menée par Bouguettaya, Boumahdi et autres Boudjouda. Elle arborait une banderole sur laquelle était inscrit «FLN : Soutien la presse contre la hoggra ». « Une banderole fraîchement badigeonnée », fait remarquer ironiquement un observateur pour qui «c’est une preuve que la revendication de la liberté de la presse est toute récente chez le FLN».

Après un bref rassemblement, les militants pro-Benflis ont sillonné la maison de la Presse en scandant, pendant quelques minutes, « Presse libre et démocratique ». Entre-temps d’autres personnalités qui ont également appelé à ce rassemblement étaient arrivées sur les lieux. Parmi elles, il y avait Saïd Sadi (RCD), Leïla Aslaoui (magistrat et ancien ministre), Me Miloud Brahimi, Hachemi Chérif (MDS), Hafsa Zinaï Koudil (cinéaste), Djilali Sofiane, ainsi que Abdelmadjid Bouzidi et Abdelaziz Rahabi, anciens ministres. Pour le CCDR nous avons noté la présence de Abdelhak Brerhi (ancien ministre), de Azzedine Zerari, et de Salah Boubnider.

Entouré de Sadi, Aslaoui, Bouguettaya, Mohamed Louber (ancien directeur de la publication du quotidien Le Siècle), Ali Djerri, directeur du journal El Khabar, et Me Brahimi, Brerhi a exprimé le «soutien total des participants aux rassemblement en faveur de la presse indépendante et de la liberté d’expression menacées par le pouvoir». L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur précisera davantage sa pensée en désignant «un clan au pouvoir depuis 4 ans qui a mis l’Algérie en jachère et a bloqué les réformes de l’école, de la justice, du code de la famille et des grands dossiers économiques».

Pour le porte-parole du CCDR, « le parti majoritaire à l’APN doit pouvoir voter une motion de censure de l’actuel gouvernement». Abdelhak Brerhi, sous les applaudissements des personnalités qui l’entouraient, a estimé que l’armée devait «intervenir pour sauver la République comme elle l’a fait en 1992». M. Brerhi a également invité l’armée à «mettre en place une commission médicale pour statuer sur la santé mentale» de Bouteflika, sans toutefois le citer.

Pour sa part, Leïla Aslaoui s’est également attaquée à Bouteflika en lui déniant la nationalité algérienne. La ministre de la Culture et de la Communication, Khalida Toumi, n’a pas été épargnée elle aussi. Aslaoui a rappelé, pour expliquer le «revirement» de Mme Toumi, que cette dernière « faisait, en 1994, l’éloge de journalistes comme Tahar Djaout et Malika Boussouf ». Avant de terminer son intervention, Mme Aslaoui quitte le terrain politique en lançant à l’adresse de Bouteflika et de la ministre de la Culture : « C’est une petite qui est instruite par un petit».