Ouverture audiovisuelle: Le gouvernement fait un pas

OUVERTURE AUDIOVISUELLE

Le gouvernement fait un pas

Par Adel MEHDI, L’Expression, 06 Avril 2013

Echourouk TV, Ennahar TV et El Djazairia TV autorisées à avoir un bureau à Alger.

On s’est posé la question mercredi dernier, c’est devenu officiel, Echourouk TV, Ennahar TV et El Djazairia TV sont autorisées par le gouvernement algérien à avoir une représentation à Alger et à travailler légalement sur le sol national. Le ministre de la Communication a en effet accordé, jeudi, aux trois télévisions off-shore l’autorisation officielle d’avoir un bureau à Alger.
Selon certaines sources, c’est un agrément qui a été accordé et pas une accréditation qu’on avait l’habitude de donner à des journalistes étrangers. C’est la première fois que le gouvernement accorde une autorisation de ce type à un bureau des télévisions étrangères. En Algérie, il n’existe pas officiellement de bureaux de chaînes de télévisions étrangères: seules les agences de presse étrangères, à l’image de l’AFP, Reuters ou encore AP, ont cette autorisation qui leur donne le droit d’avoir un bureau permanent avec des employés algériens.
Et pourtant, le décret exécutif 04 211 de juillet 2004, régule cette activité et offre même la possibilité d’avoir un bureau d’une télévision étrangère.
Mais aucune télévision étrangère n’avait cru bon demander cet agrément car cela coûterait des charges trop lourdes. Seule Nessma TV avait à plusieurs reprises demandé cet agrément sans l’avoir obtenu.
Le département de la presse internationale du ministère de la Communication n’accordait généralement que des accréditations personnelles à des journalistes, mais jamais pour des bureaux. Les choses ont changé.
Désormais, le titulaire de cet agrément est autorisé à fournir des ordres de mission pour ses journalistes et sur lequel il doit apposer sa griffe et le cachet de la représentation de sa télévision en Algérie.
Ce document est officiel et toutes les autorités doivent se soumettre à cet ordre de mission. Cette décision intervient suite à la réunion du gouvernement pour examiner le texte de loi sur l’ouverture audiovisuelle en Algérie.
Le Premier ministre Sellal a instruit le ministre de la Communication Mohamed Saïd, de délivrer «rapidement» ces autorisations pour faciliter le travail de ces trois chaînes, qui ont acquis une notoriété et une place dans le paysage audiovisuel algérien.
Les trois télévisions ont obtenu le fameux «document administratif» suite à leur demande effectuée dans les représentations diplomatiques à l’étranger.
Ainsi, nous avons appris que les dossiers d’Ennahar TV et d’El Djazairia TV ont été déposés à l’ambassade d’Algérie à Londres, car ces télévisions étaient de droit britannique, alors que Echourouk TV avait déposé sa demande à Amman car sa chaîne est de droit jordanien.
Les trois télévisions auront, selon le document accordé par le ministère de la Communication, le droit d’avoir une représentation de la chaîne à Alger.
Le ministère de la Communication vient ainsi de faire un grand pas vers l’ouverture effective de l’audiovisuel en Algérie. Mais cette autorisation a ses avantages et ses inconvénients.
Ennahar TV, Echourouk TV et El Djazairia TV sont soumises à des conditions très strictes. Tous les revenus de la chaîne seront déclarés et imposables comme c’est le cas des sociétés étrangères installées en Algérie.
Cette autorisation ne donne pas droit à un direct de la chaîne (toutes les demandes de direct passeront par la TDA et seront payantes au même tarif qu’une télévision étrangère), tous les envois doivent passer par le service de TDA, à partir du Nodal qui est installé au niveau de la Télévision nationale.
Autrement dit, les chaînes qui diffusaient par Internet, auront la possibilité de diffuser des programmes par satellite avec une qualité meilleure. La bonne nouvelle qui a été accueillie par les responsables de ces trois chaînes, est que désormais, les trois télévisions algériennes de droit étranger, pourront avoir accès au marché de publicité publique: l’Anep, Mobilis, Algérie Télécom ou Sonalgaz et surtout Sonatrach.
Cette autorisation «administrative» aura également une incidence sur certains opérateurs privés qui étaient très hésitants ou réticents dans l’aventure avec ces télévisions privées.
En revanche, l’avenir des autres chaînes Hoggar TV, Numidia News, L’index TV ou encore DZshop TV est incertain. Selon notre source, ces télévisions n’ont pas déposé de demande officielle auprès du ministère de la Communication et de ce fait, elles sont toujours clandestines et non conformes à la loi algérienne dans la réglementation du travail.