Mohamed Rahmouni, objet de mauvais traitements, est toujours détenu à la prison militaire de Blida sans avocat

Mohamed Rahmouni, objet de mauvais traitements, est toujours détenu à la prison militaire de Blida sans avocat

Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA), 25 juin 2008

Le Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA) s’insurge contre les violations répétées des droits de l’Homme subies par Mohamed Rahmouni depuis de longs mois.

Arrêté en juillet 2007, localisé après 6 mois de détention au secret, ce n’est que 10 mois plus tard, que la mère de Mohamed Rahmouni a pu rendre visite à son fils, le 20 mai dernier.

Au parloir de la prison militaire de Blida, son fils, l’air triste et fatigué semblait apeuré et n’a cessé de s’enquérir auprès de sa mère de l’état de santé de sa sœur… Il n’a rien pu dire de plus sous le regard accusateur des gardiens. En repartant, les autorités militaires ont prévenu Mme Rahmouni qu’elle ne pourrait pas revenir avant un mois alors qu’un panneau mentionne à l’entrée que les visites aux prisonniers ont lieu tous les 15 jours.

Mme Rahmouni est donc retournée le vendredi 20 juin à la prison pour voir son fils qu’elle a trouvé dans un état lamentable. Entouré de trois gardiens, visiblement maltraité, épuisé, blessé à la main et au visage Mohamed a pleuré tout au long de la visite. Il a supplié sa mère de faire venir son avocat et d’écrire au Président de la République pour expliquer la situation qu’il endure.

En effet, depuis 11 mois, depuis le jour où Mohamed a été arrêté, il n’a pu à aucun moment exercer son droit à un avocat. Livré à lui-même devant une justice partiale, dépendante du Ministère de la Défense, il est, aux yeux des autorités, d’ores et déjà coupable, en violation du principe de présomption d’innocence.

Nonobstant la constitution de Me Sidhoum depuis le mois de mars pour défendre Mohamed Rahmouni, il n’a pu le voir à ce jour. En effet, Me Sidhoum est retourné aujourd’hui 24 juin à la prison militaire de Blida pour demander un permis de visite qu’il n’a pas pu obtenir. La raison invoquée est l’absence du Président du tribunal militaire pour signer le permis de visite, ainsi que la sensibilité de l’affaire en question. Il est à craindre que cette objection supplémentaire faite à Me Sidhoum soit intervenue aujourd’hui pour l’empêcher de constater les mauvais traitements dont Mohamed a certainement fait l’objet. Consterné par cet excès de pouvoir, Me Sidhoum va donc saisir le Ministre de la Justice pour protester contre les entraves qui lui sont posées en tant que défenseur de Mohamed Rahmouni.

Le CFDA, SOS Disparus, Mme Rahmouni et Me Sidhoum très inquiets du sort qui est réservé à Mohamed Rahmouni, exhortent donc les autorités militaires algériennes à respecter les droits fondamentaux de Mohamed Rahmouni dont le droit à un avocat, à le remettre sous la protection d’une autorité civile, à procéder à son jugement dans le cadre d’un procès équitable ou à le libérer immédiatement.

Paris, Alger, le 25 juin 2008

P/le CFDA

Nassera Dutour

Porte-parole