Blida: Trois policiers condamnés pour torture

Blida: Trois policiers condamnés pour torture

par Tahar Mansour, Le Quotidien d’Oran, 15 décembre 2008

Le tribunal criminel près la cour de Blida a tranché tard dans la soirée d’avant-hier dans une affaire de torture, qui met en cause cinq policiers, dont un chef de service et un inspecteur.

Les faits remontent au mois de mai 2008 quand sept jeunes qui étaient accusés de vol de voiture, furent présentés auprès du procureur de la République de tribunal de Chéraga auquel ils déclarèrent qu’ils avaient subi des tortures dans les locaux de la police de Chéraga, de la part de trois policiers dont ils donnèrent les noms, ainsi que celui de leur chef et d’un inspecteur. Le procureur ordonna alors qu’ils soient présentés au service de médecine légale de l’hôpital de Béni-Messous où ils ont été examinés et où des certificats médicaux attestant de la présence d’ecchymoses, de brûlures et d’égratignures diverses sur les corps de ces sept jeunes. De retour devant le procureur, puis du juge d’instruction près le tribunal de Chéraga, chacun des sept jeunes «a affirmé qu’il a été convoqué individuellement par la police d’Ouled Fayet puis transféré dans les locaux de la sûreté de Chéraga où chacun d’eux a été interrogé par l’un ou l’ensemble des agents incriminés qui les ont fait s’asseoir sur une chaise dans une pièce sombre puis les ont frappés par la suite sur le visage et sur différentes parties du corps. D’après les victimes, l’un des policiers les a obligés à signer des déclarations sans qu’ils les lisent et qu’ils donnent des renseignements sur le gang qui a volé, dernièrement, une voiture de marque Hyunday Accent à Ouled Fayet. Quant aux policiers, ils furent unanimes à nier en bloc toutes les accusations portées contre eux, en particulier l’utilisation du pistolet électrique. Concernant les certificats médicaux délivrés par le service de médecine légale de l’hôpital de Béni-Messous, ils ont affirmé qu’ils avaient été faits par la soeur de l’une des victimes qui y travaille. C’est d’ailleurs les mêmes réponses qu’ils donneront au cours de l’audience qui a duré jusqu’au tard dans la soirée d’avant-hier. Ils ont ajouté que cette «prétendue torture» n’était qu’une occasion pour les «accusés» de faire oublier le vol de voiture dont il s’étaient rendus coupables. En outre, l’un des policiers affirma que la plupart de ces jeunes étaient ses voisins, qu’ils lui avaient demandé de les sortir de là et qu’il avait refusé, c’est pour cela qu’ils ont porté ces accusations contre lui. Après avoir entendu toutes les parties, le représentant du ministère public commença son réquisitoire en affirmant que cette affaire était désolante surtout de la part de gens travaillant dans un secteur aussi important que la police. Il requit une peine de prison de 12 ans contre chacun des 5 accusés, assortie d’une amende collective de 500.000 DA. Il y a lieu de noter que la défense, représentés par 12 avocats, a tenté tout pour disculper leurs clients. Après la délibération, le tribunal revient avec une condamnation de 3 ans de prison ferme à l’encontre des 3 agents alors que le chef de service et l’inspecteur ont été disculpés.