Torture et détention arbitraire d’un membre de la Ligue Algérienne pour la Défense Droits de l’Homme depuis plus de 8 mois

Torture et détention arbitraire d’un membre de la Ligue Algérienne pour la Défense Droits de l’Homme depuis plus de 8 mois

Alkarama, 12 octobre 2015

Le 9 octobre 2015, Alkarama a soumis au Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste (SR TERROR) une communication l’appelant à intervenir dans le cas d’Ali Attar, arbitrairement détenu depuis son arrestation sans mandat de justice en février 2015. Victime de tortures et de mauvais traitements lors de sa détention au secret pendant les 12 premiers jours suivant son arrestation, Ali est actuellement détenu à la prison d’El Harrache dans l’attente d’un procès dont la date n’a pas encore été fixée.

Âgé de 28 ans et domicilié à Alger, Ali est un militant de la Ligue Algérienne pour la défense des droits de l’homme (procédures spéciales) et activiste au sein de la Coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC). Arrêté par des policiers en civil le 9 février 2015, le défenseur des droits de l’homme a ensuite été amené à la cellule anti-terroriste de Bouchaoui, où il a été détenu au secret pendant 12 jours − durant lesquels il a été victime d’actes de torture physique et psychologique de la part des agents du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) − avant d’être transféré au Centre du Poste de commandement opérationnel de Châteauneuf à Alger.

Déféré le 21 février 2015 devant le procureur du tribunal d’Alger, Ali est accusé d’« incitation à commettre des actes terroristes », une accusation très lourde qu’il n’a pourtant jamais cessé de nier devant le juge d’instruction. Dans le but de dénoncer une détention jugée arbitraire, le jeune Attar a alors entamé une grève de la faim le 26 septembre 2015. Inquiète de la dégradation de son état de santé et dans l’incapacité d’obtenir justice dans son pays, sa famille a alors mandaté Alkarama pour envoyer une communication sur son cas aux procédures spéciales des droits de l’homme des Nations Unies.

Le cas d’Ali n’est pas sans rappeler la récente arrestation d’un autre membre de la LADDH, le journaliste indépendant Hassan Bouras, le 2 octobre 2015 dans la Waliya d’El Bayadh. Depuis les élections présidentielles contestées de 2014, les membres de ces deux organisations issues de la société civile font l’objet d’une véritable campagne d’intimidation orchestrée par les autorités algériennes. L’année 2015 aura entre autres été marquée par de nombreuses arrestations de membres de la LADDH et de la CNDDC.

Au nom de la famille Attar, la sœur d’Ali rappelle qu’ « il a subi un choc après avoir été torturé moralement et physiquement dans le but de le forcer à avouer des actes qu’il n’a pas commis » et demande sa libération immédiate.

Préoccupée par sa détention prolongée, en violation grave des garanties de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ratifié par l’Algérie en septembre 1989, Alkarama a invité le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste (SR TERROR) à rappeler aux autorités algériennes leurs obligations de faire respecter les droits et libertés fondamentales dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ainsi qu’à les a enjoindre à ouvrir une enquête impartiale et indépendante sur les allégations de torture faites par Ali Attar urgemment.

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