47e anniversaire de la fête de la victoire

LE CESSEZ-LE-FEU A MIS FIN À UNE GUERRE D’UNE EXTRÊME INÉGALITÉ

47e anniversaire de la fête de la victoire

Le Jeune Indépendant, 19 mars 2009

L’indépendance de l’Algérie a été proclamée le 5 juillet 1962 après 132 ans d’un colonialisme unique dans les annales mené par l’empire français contre l’Algérie. Le 18 mars 1962, les accords d’Evian ont officialisé la fin de 8 ans de guerre de libération menée par un peuple assoiffé de liberté contre une armée coloniale assistée par l’OTAN. L’ALGÉRIE célèbre officiellement aujourd’hui le 47e anniversaire de la signature des accords d’Evian ayant conduit au cessez-lefeu entre l’armée coloniale et l’Armée de libération nationale (ALN). Ce cessez-le-feu ouvre la voie à un référendum d’autodétermination ayant débouché sur la proclamation d’un Etat algérien libre et indépendant, le 5 juillet 1962. Après plusieurs mois d’âpres négociations entre les dirigeants du FLN et les représentants du gouvernement français, les pourparlers s’achèvent à Evian, le 18 mars 1962. Il y avait du côté algérien Krim Belkacem, et Louis Joxe, ministre du gouvernement du général de Gaule, du côté français. Dans l’après-midi du 18 mars 1962, les deux délégations procèdent à la signature des accords d’Évian. Le soir même, à Paris, le général de Gaulle annonce la fin des opérations militaires ainsi que l’entrée en vigueur d’un cessez- le-feu sur tout le territoire algérien à compter du lendemain à midi. Du côté algérien, le président du GPRA, Benyoucef Benkhedda, proclame la «grande victoire du peuple algérien». Très vite, un exécutif provisoire est mis en place, en avril 1962, à Rocher Noir, l’actuelle Boumerdès. Les combattants de l’ALN quittent les maquis pour rejoindre leur famille dans les douars et les villages. Seule l’OAS, groupuscule paramilitaire, refuse d’abandonner l’Algérie française et promet le chaos. Le 1er juillet 1962, un référendum d’autodétermination est organisé en Algérie. Les Algériens se rendent aux urnes. Et à la question : «Voulez-vous que l’Algérie devienne un Etat indépendant, coopérant avec la France dans les conditions définies par les déclarations du 19 mars 1962 ?», les votants répondent favorablement avec un taux de 99,7 %. Le référendum prévu par les accords d’Evian donne le résultat suivant : 5 990 000 Algériens se prononcent pour le Oui et 16 400, des Français en majorité, pour le Non. Le 3 juillet, le général de Gaulle reconnaît solennellement l’indépendance de l’Algérie. De Tunis, où ils ont trouvé refuge, les ministres du GPRA débarquent à l’aéroport Maison-Blanche, aujourd’hui Houari-Boumediene, le 5 juillet. Escorté par des motards, le cortège traverse la ville pour rejoindre le centre de la capitale. Tout au long d’un parcours de 20 kilomètres, une foule immense agite les drapeaux vert et blanc estampillés du croissant et de l’étoile et l’acclame. La fête populaire se poursuit le lendemain. Le bilan humain de huit ans de guerre fait ressortir que, entre 1954 et 1962, 1,5 million d’Algériens furent tués sur une population totale de 10 millions, 8 000 villages incendiés, un million d’hectares de forêt incendiés et 2,1 millions de déportés dans des camps de regroupement. La France avait mobilisé au moins deux millions de soldats du contingent, appelés pour deux ans ou parfois davantage. R. N.