La famille de Maurice Audin demande des détails sur son assassinat

La famille de Maurice Audin demande des détails sur son assassinat

El Watan, 6 novembre 2015

L’avocat de la famille de Maurice Audin, assassiné en juin 1957, et son fils Pierre souhaitent avoir «une suite» au bouleversant témoignage d’un Algérien au Quotidien d’Oran, publié en août 2014, sur le lieu des restes du militant anticolonialiste.

«Nous avons sollicité les autorités algériennes, par le biais de l’ambassade d’Algérie à Paris, pour savoir s’il y a une suite» au témoignage vidéo de l’Algérien, Mustapha Abraz, qui avait affirmé, sur le même journal, que Maurice était enterré au cimetière de Ben Salah, à trois kilomètres de Oued Alleug (40 km au sud d’Alger), a déclaré l’avocat à la cour, Roland Rappaport, qui était accompagné de Pierre Audin, à la cérémonie, organisée par l’ambassade d’Algérie à Paris, à l’occasion du 61e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale.

Un septuagénaire, Abraz Mustapha, avait raconté, rappelle-t-on, dans un témoignage vidéo, dont le journal détient une copie, qu’un soir, vers fin juin 1957, il avait vu un véhicule militaire 4×4 avec huit parachutistes à bord s’arrêter non loin de lui et jeter un corps dans une fosse avant de le recouvrir de terre. En se rapprochant du corps, après leur départ, il découvrit le mort. «Ce n’était pas quelqu’un de la région. Il ressemblait à un Européen, habillé d’une veste légère. C’était certainement du daim», avait-il dit. Josette Audin avait indiqué, suite à cette information, que Maurice, au moment de son arrestation, portait une «veste claire et légère, on était au mois de juin».

Pour l’avocat, si l’information est «vérifiée et s’avère juste», il faudra alors procéder à un travail de fouille et à des tests ADN, pour que la famille puisse faire son deuil et enterrer «dignement» Maurice, ce moudjahid algérien, enlevé et assassiné par l’armée coloniale, il y a 58 ans. «Nous souhaitons, dans ce sens, que le ministère des Moudjahidine nous tienne au courant si, bien sûr, l’information est fiable pour que nous puissions nous déplacer en Algérie», a-t-il encore déclaré.

De son côté, Pierre a rappelé que la version officielle française raconte que le militant anticolonialiste «s’était évadé le 21 juin, dix jours après son arrestation, lors d’un transfert, puis s’était volatilisé». Les confessions posthumes du général Paul Aussaresses, diffusées en janvier 2014, viennent contredire la version officielle. Il a avoué avoir donné l’ordre de tuer Maurice Audin.
APS