A propos du massacre des harkis en 62 : « C’est l’oeuvre des «Marsiens»»

A propos du massacre des harkis en 62

« C’est l’oeuvre des «Marsiens»»

Omar S., Quotidien d’Oran, 4 octobre 2001

Une forme de mise au point du ministère des Moudjahidine est adressée au journal français, « Le Figaro » et au président Jacques Chirac, pour des écrits et déclarations liés aux harkis.

Le communiqué adressé à notre rédaction émane d’une entité peu connue du grand public: le Centre national des études et recherches sur le mouvement national et la révolution de Novembre 1954; une structure placée sous l’égide du ministère des Moudjahidine.

Le texte évoque les méthodes de torture pratiquées en Algérie par l’armée française avec le consentement discret de l’autorité politique, s’appesantit sur les champs de mines et enfin réserve, en conclusion, une mise au point en règle à ce qui s’est dit sur les harkis, ces derniers temps.

La division information de ce centre s’appuie pour élaborer sa réponse sur un article du Figaro consacré aux harkis et la déclaration récente du président français selon laquelle les harkis ont fait l’objet d’actes barbares de la part du FLN en 1962. Jacques Chirac s’exprimait lors d’un hommage appuyé rendu aux anciens supplétifs de l’armée française.

L’écrit de ce centre spécialisé en histoire de la guerre d’indépendance apporte, au-delà des commentaires superflus, un nouvel éclairage, inédit par sa teneur, sur les massacres des harkis en 1962, imputés par des sources françaises au FLN, lesquelles parlent de 500.000 victimes tuées dans le sillage de la conclusion des accords d’Evian.

L’éclairage tardif s’arrête sur deux points: d’abord sur le nombre de victimes. Il serait délibérément gonflé pour porter atteinte à la nature du combat du FLN. Le chiffre exact oscillerait de 75 000 à 100.000 victimes. Deuxièmement, ces massacres seraient l’oeuvre des « Marsiens », c’est-à-dire ceux qui se sont ralliés tardivement – à l’annonce du cessez-le-feu – au combat pour la libération du pays.

Ces « combattants » algériens de la dernière heure étaient mus par le souci de prouver leur patriotisme, par l’assassinat de harkis désarmés, de civils jugés pro-français.

Selon l’écrit du « Centre de recherches », autorisé apparemment à apporter le démenti, l’Algérie « et son histoire officielle » récusent la version des faits colportée outre-Méditerranée.

« L’Algérie dénie toujours la réalité de cet horrible massacre: 75 000 à 100.000 personnes environ. La bataille des chiffres des historiens n’atténue en rien l’ignominie de cette tuerie sous les yeux des soldats français sommés par le gouvernement de ne pas intervenir », pouvait-on lire, dans ce document, qui met l’accent sur la complicité de la partie française.

Cet épisode de l’histoire nationale est périodiquement agité pour altérer la noblesse de la lutte pour l’indépendance du pays. Il est surtout arboré comme une fêlure dans le parcours et le palmarès du FLN.

D’ailleurs, la communauté harkie en France a déposé récemment une plainte contre le FLN pour les supposées exactions et contre la France pour avoir négligé pendant longtemps cette frange de citoyens français entièrement à part.

 

 

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