Tewfik reste à la tête des services; Nezzar sommé de se taire

Tewfik reste à la tête des services

Nezzar sommé de se taire

Mohamed Zaâf, Jeune Independant, 25 avril 2001

Aucun changement n’est prévu à la tête de l’armée, particulièrement à la tête des services de sécurité, indiquent des sources responsables tout en désavouant, par ailleurs, les interférences du général en retraite Khaled Nezzar dans les affaires politiques du pays.

Le commandement de l’armée s’attelle plutôt à appliquer son programme de modernisation et prépare l’étape définitive de sa professionnalisation afin d’accomplir ce que lui dicte l’intérêt national, précisent les mêmes sources citées par le quotidien gouvernemental En-Nasr (arabophone). Ces déclarations viennent ainsi démentir, à peine 24 heures plus tard, l’information de presse sur un départ du patron des services de sécurité, le général Mohamed Mediène, alias Tewfik. Elles viennent aussi dénoncer «la campagne menée contre les différents services de sécurité et nourrie par des parties étrangères avec la complicité de parties à l’intérieur du pays qui désormais craignent pour leurs intérêts et leurs privilèges». Ces propos, qui dressent implicitement un lien entre les attaques contre l’armée et l’information sur le général Tewfik, viennent en appui aux récentes déclarations du président Bouteflika lorsqu’il s’élevait lui-même contre la

campagne orchestrée en France contre l’institution militaire.

Les mêmes sources responsables n’ont pas caché leur irritation contre les sorties publiques du général en retraite Khaled Nezzar, qui «ne représente que lui-même». Les positions qu’exprime le vieil homme dans les médias français «n’engagent en rien ni de près ni de loin les institutions de l’Etat», précisent les mêmes sources qui rappellent les dénigrements contre la personne du chef de l’Etat algérien, émis par Nezzar dans de précédentes déclarations à la presse française. «Comment un général en retraite peut-il se permettre de s’ingérer dans la politique de manière aussi flagrante et suggérer à l’opinion nationale et internationale qu’il est le porte-parole de l’armée et comme s’il était le libérateur de l’Algérie de l’emprise coloniale française, du terrorisme sauvage (…) et comme si les autres officiers, les autres agents de sécurité et le reste de l’institution militaire, à sa tête les officiers issus de l’ALN (Armée de libération nationale), étaient confinés dans un rôle de porteurs d’eau».

Avant, l’article sur le départ de Tewfik, en raison de son appui au président Bouteflika, M. Nezzar avait accordé une interview au Figaro Magazine dans laquelle il mettait en valeur le rôle accompli par un autre général dans la concorde civile qui, à ses yeux, serait une formule suffisante pour le pays.

Ce qui vient à contre-courant de la détermination affichée par le président de la République d’aller à une concorde, voire à une réconciliation nationale. Le général Nezzar affirmait, en outre, qu’il ne regrettait pas son coup de force de 1992 et qu’il était prêt à le reproduire l’acte qui a abouti à plus de 100.000 morts, plus d’un million de victimes, plusieurs milliers de disparus et forcé l’Algérie à mettre un genou à terre. L’Algérie d’aujourd’hui, comme son armée, semble mue par d’autres considérations et se fixe des objectifs non pas macabres mais nobles, comme le souhaite tout Algérien de bonne souche. Des objectifs pour l’instant annoncés, mais qui trouveront appui dès leur mise à exécution. Peut-être s’apercevra-t-on alors qu’on s’est également trompé d’ANP..

 

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