Députés et sénateurs soutiennent l’ANP

 

Députés et sénateurs soutiennent l’ANP

Le «printemps» parlementaire s’ouvre par une lecture scandalisée de la Sale guerre de Souaïdia

La Tribune du 4 mars 2001

Les deux chambres du Parlement ont repris hier leurs travaux. Signe particulier de la nouvelle session printanière : la dénonciation par les députés et les sénateurs du livre de Habib Souaïdia, la Sale guerre, qui n’a pas été nommément désigné dans les communiqués respectifs des membres des deux Chambres. Concrètement, les élus de la nation ont signé une motion de soutien en faveur de l’ANP contre laquelle sont menées de «viles et féroces manœuvres» par des «milieux étrangers haineux»

Alors que se profile à l’horizon un nouveau remaniement ministériel

Motion de soutien des parlementaires à l’ANP

Sénateurs et députés dénoncent, dans deux communiqués,
la campagne de déstabilisation visant l’institution militaire

Par Younes Hamidouche

Prenant prétexte de l’ouverture de leur session de printemps, les membres des deux chambres du Parlement ont procédé à l’adoption d’une motion de soutien à l’Armée nationale populaire (ANP).Initiée par le groupe parlementaire du Rassemblement national démocratique (RND), cette motion de soutien des députés salue «les efforts de l’Armée nationale populaire, les corps de sécurité de la République et les Patriotes sincères dans leur combat contre le terrorisme».Hier au siège du Sénat, Bachir Boumaza n’a pas manqué de mettre en avant la nécessité d’éviter «la neutralité négative» envers «les grandes orientations» lorsqu’il s’agit de «questions nationales sensibles». D’où alors la «complémentarité des institutions» susmentionnées.Cette complémentarité, le numéro deux de l’Etat, Bachir Boumaza, l’a bien mise en exergue hier lors de son discours d’ouverture prononcé en présence du chef du gouvernement, Ali Benflis. Au-delà de l’appel du président du Conseil de la nation (Sénat) en faveur de «l’enrichissement de la culture parlementaire», c’est un nouveau départ qu’il attend avec cette nouvelle étape du travail parlementaire d’autant plus que le Conseil qu’il dirige a été renouvelé à moitié.Pour Bachir Boumaza, l’ouverture d’«importants chantiers» au niveau de plusieurs secteurs gouvernementaux doit contenir une incitation à ce que le pouvoir législatif soit considéré dans son «rôle de partenaire effectif et responsable». C’est donc là un appui que Boumaza apporte à la nécessaire «complémentarité» qu’il a lui même relevée.Dans la foulée, le premier responsable au niveau du Sénat n’a pas manqué de souligner que des «périodes creuses» sont nées à la suite de la succession de quatre équipes gouvernementales depuis le début du mandat législatif en cours.Tout cela intervient au moment où des indiscrétions font état d’un nouveau remaniement gouvernemental. Le gouvernement dirigé par Ali Benflis s’apprêterait à voir se dérouler un remaniement dans ses rangs. C’est du moins ce que laissent entendre des sources proches de l’Exécutif. Le remaniement en question devrait survenir, selon ces mêmes sources -généralement bien informées-, dans les jours à venir. Probablement durant la semaine en cours, sans précision si cela va intervenir avant ou après la fête de l’Aïd, demain lundi. Les postes qui seraient concernés et qui verraient leurs actuels occupants céder place à de nouveaux ministres seraient ceux chargés des ministères de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid, de l’Habitat et de l’Urbanisme, Abdelkader Bounekraf, du Travail et de la Protection sociale, Soltani Bouguerra, de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbes, de la Santé et de la Population, Mohamed-Larbi Abdelmoumene, et, laissent encore entendre nos sources, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Ammar Sakhri. Ce dernier est, par ailleurs, annoncé à la tête du Haut Conseil islamique (HCI) dont le poste de président demeure vacant depuis le décès de Abdelmadjid Meziane. Pour revenir aux grands axes de son discours inaugural d’hier, il est à relever que, concernant la concorde civile, Bachir Boumaza a souligné que des «lacunes» y ont été enregistrées lors de son application. L’option de la concorde civile, soutenue par le peuple algérien, «n’efface pas le rôle des institutions [politiquement et pédagogiquement] dans la mobilisation de la société pour continuer à combattre la criminalité, renforcer la conscience collective autour du danger du terrorisme sur l’existence de l’Etat et refuser la banalisation du crime […]».C’est «à l’ombre du respect des lois» que naît et «se constitue la véritable citoyenneté», dira encore Bachir Boumaza, qui n’a soufflé aucun mot sur la «concorde nationale» que veut promouvoir le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika.«Il était clair, dès le départ, que le terrorisme qui se nourrit de discours extrémistes, après que son masque idéologique soit tombé, demeurera –jusqu’à son éradication- nocif, comme il restera –comme il l’a toujours été- une vague sur laquelle surferont les adeptes du ‘‘qui tue qui ?’’ et les professionnels de l’acharnement sur l’Algérie et ses symboles», soulignera encore le président du Sénat.

Y. H.

 

Mobilisation des députésen faveur de l’ANP

 

Par Samia Mellal

Le président de l’APN, Abdelkader Bensalah, ainsi que les groupes parlementaires à l’Assemblée ont réagi hier par la ferme condamnation aux accusations proférées à l’endroit des forces de l’ANP par Habib Souaïdia dans son livre la Sale guerre. C’est à l’occasion du discours d’ouverture de la session parlementaire printanière d’hier que le président de l’Assemblée a dénoncé les «attaques féroces visant l’Algérie et ses institutions» en affirmant qu’«il est clair, aujourd’hui, que l’importance des moyens, la violence de ton et la méthode utilisés sont autant de facteurs qui renseignent sur la nature de cette attaque» qui vise «l’Etat en tant que tel dans l’un de ses principaux fondements». Même son de cloche du côté des députés. En effet, le groupe parlementaire du RND a élaboré une motion de soutien à l’ANP à laquelle ont souscrit les autres groupes parlementaires. Dans ce document, les députés adhèrent entièrement «avec l’armée et les corps de sécurité dans la défense de la République et le rétablissement de la stabilité du pays».

S. M.

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Liberte du 4 mars 2001

Réaction du FFS

Dans un communiqué, parvenu hier à notre rédaction, le chef du groupe parlementaire du FFS « dénonce la manière avec laquelle a été adoptée la résolution dénonçant les attaques contre l’institution militaire ».
La même source indique que les députés du parti de Hocine Aït Ahmed « n’ont pris connaissance du projet qu’à la séance d’ouverture de la session ». Les parlementaires du FFS s’élèvent, en effet, contre « le fait accompli et la manière expéditive utilisée par le président de l’APN sans même soumettre la proposition au vote ».
Ils dénoncent, par ailleurs, « la violation de la loi organique portant fonctionnement de l’APN ».
R. P.

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Vote de résolution politique à l’APN

Le FFS crie à la violation du règlement intérieur

Jeune Indépendant, 4 mars 2001

Le groupe parlementaire du Front des forces socialistes crie la violation du règlement intérieur de l’institution législative suite au vote de la résolution politique dénonçant la campagne tendancieuse contre l’Armée nationale populaire (ANP). Dans un communiqué rendu public à l’issue de la séance plénière d’ouverture, le groupe parlementaire du FFS «dénonce le fait accompli et la manière expéditive utilisée par le président de l’APN sans soumettre la proposition au vote». Dans la correspondance signée par Mustapha Bouhadef, les élus du FFS estiment que le règlement intérieur a été violé par Bensalah «pour étouffer toute voix discordante [en refusant] le point d’ordre demandé par le président du groupe parlementaire du FFS», lit-on dans le communiqué. Les élus du FFS considèrent qu’»un projet de résolution doit être soumis à débat avant l’opération de vote». Ils estiment que l’APN confirme «son instrumentalisation au service des tenants du pouvoir». De son côté, le député Khalfa Mameri, a introduit des questions orales à l’adresse du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales sur la visite effectuée par son homologue marocain la semaine dernière. Quel était l’objectif de la visite ? Quels sont ses résultats et est-ce que la visite du ministre marocain de l’Intérieur était opportune ? Ce sont là les interrogations auxquelles devrait répondre M. Yazid Zerhouni. Le député estime que les propos tenus par Midaoui lors de la conférence de presse «ont été jugés discourtois et même provoquants». M. Khalfa Mameri considère que l’absence de clarté et de fermeté de notre pays sur des questions vitales serait interprétée comme un signe de faiblesse et de reniement. N. B.

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Le ton de la dénonciation

Par Omar Sadki, Quotidien d’Oran, 4 mars 2001

Le ton était à la dénonciation hier dans les travées de l’Assemblée nationale, à l’occasion de l’ouverture officielle de la session de printemps. D’abord c’est Abdelkader Bensalah, président de l’institution, qui règle leur compte aux «forces haineuses» qui s’en prennent à l’Algérie à chaque fois qu’elle met de l’ordre dans ses problèmes internes.

La campagne développée contre les officiers supérieurs de l’année, s’appuyant sur les témoignages de l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia, est assimilée par Bensalah à une attaque en règle qui dépasse celles menées par le passé par des «milieux bien connus» qu’il se garde cependant de nommer. «L’importance des moyens, la violence du ton et la méthode utilisée sont autant de facteurs qui renseignent sur la nature de cette attaque et illustrent ses dimensions visant l’Etat en tant que tel dans l’un de ses principaux fondements» (l’ANP, ndlr), a déclaré le président de l’APN. Plus loin, il assurera que l’armée n’a jamais agi en dehors du cadre constitutionnel et qu’il existe au sein de cet Etat et de ce pays, des institutions qui veillent au respect des lois de la République. Bensalah n’est pas le seul à dénoncer la campagne médiatique dirigée contre l’ANP. Aussitôt après son allocution, donnant le temps au chef du gouvernement et ses ministres ainsi qu’à Bachir Boumaza, président du Sénat, de quitter la salle, Abdelkader Bensalah annonce ce qui est présenté comme l’oeuvre des députés, du moins ce qui allait l’être quelques minutes après. Il informe l’hémicycle qu’une réunion a regroupé la matinée même le bureau de l’Assemblée et les chefs de groupes parlementaires, pour étudier une motion proposée par Nourredine Tabay, chef du groupe parlementaire RND. Le texte lu par le député Kacem Kebir, par ailleurs président de la commission des affaires juridiques, salue les efforts de l’ANP et les corps de sécurité ainsi que les patriotes dans «leur combat contre le terrorisme». «La campagne menée contre l’Algérie notamment contre l’ANP est l’oeuvre de milieux étrangers haineux qui n’ont pas compris jusque-là que l’Algérie a recouvré son indépendance grâce à une longue lutte et à d’énormes sacrifices», écrit-on. Le document se termine par une condamnation ferme de ces manoeuvres qui visent à «souiller la réputation de l’armée» qui, «grâce à sa résistance courageuse face à la barbarie terroriste, a mis en échec le complot des ennemis traditionnels et historiques destiné à saper l’Algérie». Les applaudissements majoritaires de l’hémicycle endossent la déclaration à l’ensemble des députés. Abdelkader Bensalah feignant d’ignorer le point d’ordre demandé par le chef du groupe parlementaire du FFS, lève rapidement la séance. Les députés du parti de Aït Ahmed tonnent dans les couloirs de l’Assemblée qu’ils n’ont pas été associés à cette initiative. Quelque temps après, un communiqué du groupe, signé de Mustapha Bouhadef, dénonce le fait accompli et «la manière expéditive» utilisée par le président de l’APN qui «n’a même pas soumis au vote la proposition». Selon le FFS, cela procède de la volonté d’étouffer toute voix discordante. Et le fait de ne pas accorder le point d’ordre demandé par Mustapha Bouhadef est qualifié de violation du règlement intérieur de l’APN.

«Avec une crédibilité largement entamée par une fraude massive lors de son élection, l’APN confirme une fois de plus son instrumentalisation au service des tenants du pouvoir», écrivent encore les députés FFS. Hors RND, les élus étaient nombreux à estimer que ce genre de sujets doivent être précédés par un débat large au sein de l’hémicycle sachant que le procédé usité ne porte pas. C’est l’avis, entre autres, de Abderezek Mokri (MSP), de Mira (RCD) et de Ferrad (indépendant), même si, sur le fond, tout le monde est plus ou moins d’accord.

 

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