Souaidia répond au SOir d’Algérie

Habib Souaïdia
c/o Éditions La Découverte
9 bis, rue Abel-Hovelacque/75013 Paris

M. Fouad Boughanem
Le Soir d’Algérie
1, rue Bachir Attar/Place du 1er Mai/Alger
Fax : 00.213.021 67 06 56

Paris, le 21 mai 2001

Monsieur le Directeur,

Dans vos éditions du 14 mai dernier, vous avez publié un article intitulé  » Habib Souaïdia à Tel Aviv  » affirmant :  » Depuis deux jours, […] Souaïdia est à Tel-Aviv, pour la promotion de son livre La Sale Guerre, qui vient d’être édité en hébreu par Daniel Bensi-mo, un éditeur connu pour son engagement pur sioniste. Ce dernier s’est, d’ailleurs, montré très généreux envers Souaïdia qui a touché, en contrepartie des droits du livre, une somme de plus de 280 000 FF. « 

Je tiens à démentir fermement ces accusations grotesques et parfaitement irréelles. Il s’agit de mensonges purs et simples. D’abord, aucun contrat n’a été signé avec aucun éditeur israélien pour l’édition en hébreu de mon livre ; je n’ai jamais entendu parler de ce  » M. Bensimo  » et je n’ai jamais reçu d’argent de lui.

Ensuite, je n’ai aucune raison d’aller en Israël, et cette allégation est d’autant plus ab-surde que, de toutes façons, il ne m’est pas possible de quitter la France. Tout demandeur d’asile politique est obligé de remettre son passeport aux autorités du pays d’accueil : j’ai obtenu l’asile politique en France, mais je n’ai toujours pas, à ce jour, de document me permettant de me déplacer à l’étranger, ce que n’importe qui peut vérifier auprès de l’OFPRA. Enfin, de très nombreux témoins peuvent attester que j’étais à Paris dans les jours précédant le 14 mai (en particulier des journalistes de chaînes de télévision italienne et allemande qui sont venus m’interviewer). Et du 15 au 17 mai, j’étais à Bordeaux, où j’ai participé à un débat public et été interviewé par la presse locale. Depuis, je suis toujours à Paris.

Devant la publication d’une telle énormité, je constate qu’apparemment, le service d’action psychologique du colonel Hadj Zoubir, du DRS, est toujours opérationnel et qu’il poursuit la campagne médiatique déchaînée contre moi dans la presse algérienne après la publication de mon livre. J’ai été traité de tous les noms ( » voleur « ,  » ripoux « ,  » manipulé  » par l’Internationale socialiste, etc.) et maintenant, voilà que je serais un agent sioniste ! Et demain, que vont-ils inventer ?

On a répété partout, comme vous le dites à nouveau dans votre article, que mon livre  » tente de laver les islamistes de leurs crimes en imputant les massacres de citoyens aux forces de l’ordre « . Vous verrez en le lisant qu’il ne tente pas du tout de  » laver les islamis-tes « . Mais peut-être est-il difficile à trouver dans les librairies algériennes ?

En tout cas, je ne doute pas que votre souci de rigueur et de vérité vous amènera à publier dans votre journal cette lettre démentissant ces  » sources informées  » qui semblent vous avoir abusé.

Vous en remerciant par avance, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, à l’expression de mes sentiments distingués.

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Le Soir d’Algérie/14mai 2001

Habib Souaïdia à Tel Aviv

L’auteur de la Sale Guerre, le livre qui tente de laver les islamistes de leurs crimes en imputant les massacres de citoyens aux forces de l’ordre, est, depuis deux jours, en Israël, apprend-on de sources informées. Officiellement, Souaïdia est à Tel-Aviv pour la promotion de son livre qui vient d’être édité en hébreu par Daniel Bensimo, un éditeur connu pour son engagement pur sioniste. Ce dernier s’est, d’ailleurs, montré très généreux envers Souaïdia qui a touché, en contrepartie des droits du livre, une somme de plus de 280 000 FF. Une somme pour le moins inhabituelle dans le domaine de l’édition, précise-t-on.

 

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