«Les massacres ressemblent étrangement à des règlements de comptes»

Bouhadef dans une conférence-débat à Fréha

«Les massacres ressemblent étrangement à des règlements de comptes»

 

Par Malik Boumati, La Tribune, 24 mars 2001

«Les victimes des massacres survenus ces derniers mois sont ciblées. Des familles entières sont exterminées», a déclaré Mustapha Bouhadef, chef du groupe parlementaire du Front des forces socialistes dans une conférence-débat qu’il a animée conjointement avec M’Hand Sarni, président de l’APW de Tizi Ouzou, dans la localité de Fréha à quelque 30 km à l’est du chef-lieu de wilaya.Pour le conférencier, «cela ressemble étrangement à un règlement de comptes», ajoutant qu’il y a une simultanéité entre le déclenchement d’une guerre des clans au sommet et la recrudescence de la violence.Cela veut dire, selon M. Bouhadef, que «quelque part, il y a des gens qui modulent le niveau de violence» car, dira-t-il, «un certain niveau de violence arrange les décideurs dans le but de faire passer leurs options politiques et surtout économiques». Et c’est ce qui fait dire à M. Bouhadef que «les clans s’entre-déchirent et c’est le peuple qui paye». Il affirmera, en outre, que les blocages que connaît notre pays sont étroitement liés à la lutte des clans à laquelle «le FFS refuse de se mêler car l’idéal pour l’Algérie, c’est le départ de tout le système». Dans le même ordre d’idées, l’orateur abordera les publications qui ont mis l’ANP en cause dans les massacres commis dans notre pays, à savoir la Sale Guerre de Habib Souaïdia et Qui a tué à Bentalha de Yous Nesroulah. Il dit ne pas comprendre la réaction des pouvoirs publics à l’égard de ces livres. «Dans un pays démocratique, c’est le ministre de la Justice qui aurait ouvert une information judiciaire», estime le responsable du parti de Hocine Aït Ahmed qui évoquera, en outre, la politique économique du gouvernement qualifiée de campagne de bradage contraire aux dispositions de la Constitution qui indique que les richesses du sous-sol appartiennent au peuple. Par ailleurs, M. Bouhadef fera savoir que le groupe parlementaire du FFS a fait une proposition de loi pour la langue amazighe, mais, dira-t-il, «elle est bloquée à l’APN comme toutes les propositions de loi du FFS d’ailleurs».Auparavant, le président de l’APW de Tizi Ouzou a pris la parole pour donner brièvement un bilan des activités de l’assemblée qu’il préside depuis les élections locales d’octobre 1997. Il évoquera, à ce titre, le combat des élus de la majorité à l’APW pour le lancement ou la relance des grands projets de développement, à l’instar du port d’Azeffoun, du pôle technologique, de la rocade sud, de l’usine pharmaceutique Aldaph ainsi que de la voie ferrée de Tizi Ouzou-Oued Aïssi. Il citera en outre les provocations que la région a connues, telles que l’assassinat du Rebelle, la visite de Zeroual à Tizi Ouzou mise en échec par les élus FFS, le panel onusien dont le rapport est à contre-courant de la réalité de la visite effectuée dans la wilaya, la visite de Bouteflika, la création de l’association par Rachid Aïssat, l’ACT… M. Sarni ne manquera pas non plus de fustiger les textes régissant la commune et la wilaya qui peuvent à peine tolérer le multipartisme dans les institutions.

M. B.

 

 

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