Le procès Nezzar-Souaïdia promet d’être houleux

Reporté à juillet 2002

Le procès Nezzar-Souaïdia promet d’être houleux

Mohamed Mehdi, Le Quotidien d’Oran, 20 décembre 2001

Prévu pour le 12 février 2002 par la 17ème Chambre du tribunal de grande instance de Paris, le procès en diffamation du général major à la retraite Khaled Nezzar contre Habib Souaïdia, auteur de «La Sale Guerre», est reporté pour le début du mois de juillet. C’est ce qui a été décidé lors d’une seconde audience de «fixation» le mercredi dernier.

Un procès d’une telle ampleur, avec la présence à la barre de plusieurs dizaines de témoins, dont des ex-chefs de gouvernement et des ex-ministres algériens, ne pouvait pas passer inaperçu. D’aucuns pensent qu’il n’aurait certainement pas manqué d’introduire le sujet lors de la campagne électorale des présidentielles 2002 qui débutera à la fin du 1er trimestre en France et dont les tambours commencent déjà à êtres battus.

Même si aucun communiqué officiel n’en apporte des précisions, on croit savoir que les témoins de M. Khaled Nezzar sont au nombre de quinze parmi lesquels on compte des ex-chefs de gouvernement MM. Sid Ahmed Ghozali et Rédha Malek et d’autres personnalités (hommes politiques, patrons de presse…).

Les témoins cités par la défense sont au nombre de 37 dont la liste a été portée publique le 5 octobre 2001. Figurent parmi les personnalités qui ont accepté d’être citées en défense par les avocats de Souaïdia : Me Patrick Baudouin (FIDH), Rachid Mesli et Ferdinando Imposimato (avocats), Mme Nassera Dutour (SOS-Disparus), Mmes Anna Bozzo, Véronique Nahoum-Grappe, Fatiha Talahite et Tassadit Yacine, MM. Lahouari Addi, François Burgat, Bruno Etienne, Mohammed Harbi, Werner Ruf et Pierre Vidal-Naquet (universitaires), Mmes Salima Ghezali, Florence Aubenas, Nicole Chevillard, José Garçon, Salima Mellah, MM. Jean-Baptiste Rivoire et Jean-Pierre Tuquoi (journalistes), M. Ghazi Hidouci (ex-ministre de l’Economie) et MM. Ali Baali, Ahmed Chouchen, Hacine Ouguenoune, Mohamed Samraoui, Messaoud Allili (anciens officiers de l’ANP). A la lumière des sorties médiatiques de Habib Souaïdia, dont le livre a déjà été traduit en sept langues, le procès qui devrait donc avoir lieu en juillet prochain promet d’être houleux. La toute récente sortie médiatique de l’auteur de «La Sale Guerre» date du 8 décembre dernier lors d’un débat sur l’Algérie, organisé à Amsterdam par la SAIA «Association hollandaise de soutien aux intellectuels et artistes algériens», au cours de laquelle Souaïdia a reçu des menaces de mort, selon un compte-rendu de cette journée rapporté par Mme Fatiha Talahite (économiste, chercheur au CNRS), publié par le site d’Algérie-Watch.

Membre de «Justitia Universalis» (Association de droit hollandais créée il y a plusieurs mois et qui milite contre l’impunité), Mme Talahite y raconte comment le «débat» (au cours duquel ont été abordées les questions de la torture, des disparitions forcées, de la corruption… en Algérie) a pris une autre tournure après l’intervention de Habib Souaïdia «mais, raconte Talahite, les provocations, les insultes et les menaces étaient telles qu’il était impossible de continuer le débat. L’interprète a même dû refuser de traduire une intervention adressée à Habib par un Algérien s’exprimant en hollandais, tant il fut choqué par sa violence et sa vulgarité». Une version qui justifie la dérobade de l’ancien officier algérien.

Voir:
Le procès en diffamation du général Khaled Nezzar contre M. Habib Souaïdia est reporté à juillet 2002