Où sont les intellectuels organiques?

Où sont les intellectuels organiques?

La vie politique et intellectuelle algerienne continue de nous
surprendre. Dans ce conflit, cette crise violente et meurtrière, la
France semble occuper une place « matricielle ».
Tous les protagonistes ont quelque chose à lui reprocher.
Il y a pourtant une certitude: la France est dans le sang algerien. Pour
les islamistes, c’est une souillure alors que l’armée en tire une
légitimité historique oh! combien usée.
Mais il y a une contradiction, un paradoxe que pose les intellectuels
éradicateurs algeriens.
Issus des milieus les plus francophones et les plus occidentalisés des
couches moyennes de la société algerienne, ils dénoncent avec vigueur
et malhonnêteté la presse fançaise, les éditeurs français, les
intellectuels français, les socialisites français et l’opinion
française; tous soupçonnés de ressentiment envers l’Algerie. Cela relève
de la pure paranoïa.
La dernière pétition signée par ces intellectuels, appelant à défendre
et à soutenir l’institution militaire algerienne est ahurissante.
Les rédacteurs de ce manifeste ont commis encore une fois une lourde
faute politique. Au non de valeurs républicaines et démocratiques, ils
inventent un nouveau concept: « l’intellectuel national ».
Que veut dire cette appellation qui sent le nationalo-socialisme? A qui
s’adresse- t-elle?
Aux intellectuels français qui ont dénoncé et combattu la torture
pendant la guerre de libération? ou alors, aux intellectuels algeriens
vivant hors d’Algerie et notamment en France?
Je remarque que parmi les signataires et ils sont une majorité, nombreux
ne savent pas lire et écrire en langue arabe, première langue
nationale.Ils sont le pur produit de l’école française des années
cinquante et soixante. Ils nous ont tant vanté  » ce butin de guerre ».
Leur langue nourricière au propre et au figuré n’est pas la langue
maternelle.
Personne ne le leur reprochait, ils étaient nos maîtres et nous en étions
fiers… sauf peut-être les islamistes et quelques vilains conservateurs
du FLN.
Pendant cette décennie nous avons assisté à la mort lente de cette
catégorie d’intellectuels que tous reniaient: dirigeants, islamistes,
militaires et par dessus tout le peuple dans ses différentes
composantes. C’est cette dérive que nous payons cher depuis 1991.
C’est eux que l’on appelait  » le parti de la France « . Aujourd’hui, pour
renaître, ils viennent au secours de l’armée algerienne. A t-elle
vraiment besoin d’eux?
L’intellectuel national est une idiotie, Gramsci (que Dieu protège son
âme) lui, parlait d’intellectuel organique. Toute la difference est là.

Hakiki Fawzi
Montpellier

 

 

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