Nezzar dénonce la campagne contre l’Armée

Nezzar dénonce la campagne contre l’Armée

Un plan pour le retour du FIS

Lyes Bendaoud, El Watan, 23 août 2001

L’ancien membre du HCE prévient contre les velléités de réactivation du FIS et fait état d’un complot «grave et sérieux» contre l’Algérie.

Le général à la retraite Khaled Nezzar a décidé d’intenter une action en justice pour diffamation contre Habib Souaïdia, l’auteur du livre controversé La sale guerre. Il juge que ce dernier a porté atteinte à son honneur et à sa considération «par des allégations et imputations à caractère diffamatoire» lors d’une émission («Droits d’auteur- spécial Algérie») diffusée le 27 mai 2001 par la chaîne française La Cinquième. Pour ce faire, il a chargé des avocats des barreaux d’Alger et de Paris de déposer plainte devant la juridiction française compétente. La diffamation dans ce livre, a-t-il souligné hier dans une conférence de presse tenue à la maison de la presse Tahar Djaout, à Alger, est claire et nette. L’ancien ministre de la Défense a déclaré que Souaïdia est l’un «des pions» de la campagne médiatique et politique menée contre l’Algérie et son institution militaire par «les relais de l’intégrisme». Il n’a pas manqué à cet effet de citer les noms de personnalités politiques connues, Hocine Aït Ahmed notamment, de partis (le Parti socialiste, français), d’organisations (l’Internationale socialiste) et même de chaîne de télévision (El Djazira, du Qatar) et/ou de site Internet (le MAOL, «un site de propagande du FIS») qui, selon lui, conjuguent leurs efforts en vue de faire le «procès du régime algérien». Il s’est interrogé pourquoi sont particulièrement ciblés ceux qui ont mis fin au processus électoral en janvier 1992 dont il faisait partie en tant que ministre de la Défense nationale. Interrogé à son tour (par un journaliste) si l’on devait un jour faire le procès du régime, il a refusé de répondre sous prétexte qu’il n’a plus de responsabilités dans les institutions de l’Etat.
Khaled Nezzar situe la plainte déposée contre lui le 25 avril dernier par deux avocats français représentant sept personnes d’origines algérienne et française dans le contexte global de cette campagne médiatico-politique «grave et sérieuse» dirigée contre l’Algérie. Il a été accusé d’avoir couvert sous son autorité «le recours massif» à la torture pendant la période ayant suivi la proclamation de l’état d’urgence en 1992. Une enquête avait été aussitôt ouverte par le parquet de Paris. Pour le général à la retraite, «la plainte, qui ne reposait sur rien, a été mise en application très vite» et «on a uniquement parlé de torture». Alors qu’il se trouvait à Paris dans le cadre de la promotion de son livre, il a dû précipitamment quitter le territoire français. «Je ne suis rentré que par souci de préserver les bonnes relations existant entre l’Algérie et la France», a-t-il affirmé. D’après lui, les plaignants sont des activistes au profit du terrorisme qui étaient internés à Aïn M’guel, dans le sud algérien. Nezzar, tout en relevant la coïncidence du livre de Habib Souaïdia (qui met en cause l’institution militaire dans les massacres collectifs des populations) avec les aveux du général français Aussaress, s’est dit persuadé que cette campagne vise à remettre le FIS en selle. Khaled Nezzar a parlé de procès historique. A travers Souaïdia et «quelques officiers totalement obscurs ou radiés des cadres de l’armée», a-t-il signifié, se trame une conjuration contre l’Algérie. «Nos adversaires ont une machine infernale derrière eux, il faut faire en sorte que l’Algérie en soit vainqueur», a-t-il plaidé.

 

 

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