Khaled Nezzar :  » Je serai présent « 

Procès contre Souaïdia

Khaled Nezzar :  » Je serai présent  »

Par Mohamed Khellaf, Jeune Indépendant 11 octobre 2001

Le général à la retraite Khaled Nezzar  » sera présent  » le 12 février 2002 à
Paris au premier jour du procès pour  » diffamation  » qu’il a intenté contre
l’auteur de la Salle Guerre (Paris, La Découverte), l’ancien sous-lieutenant
Habib Souaïdia. L’ancien membre du Haut comité d’État l’a annoncé lui-même
dans un entretien publié par le quotidien français le Monde dans son édition
datée de jeudi. La plainte sera examinée les 12, 13 et 19 février par le
tribunal correctionnel de Paris. Elle vise précisément des propos tenus par
Habib Souaïdia, lors d’une émission littéraire diffusée le 24 août dernier
par la chaîne française  » la Cinquième « .
L’officier des troupes spéciales y reprenait des accusations déjà contenues
dans son livre sur la responsabilité des  » décideurs  » dans l’irruption de
la crise.  » Il va de soi que je serai à Paris le 12 février prochain « , a
indiqué l’ancien ministre de la Défense à l’envoyée spéciale du journal à
Alger, Florence Beaugé.  » Je n’y suis pas tenu, mais un soldat n’abandonne
jamais ses troupes. Je ne vais tout de même pas envoyer des témoins à ce
procès sans y participer, d’autant que Souaïdia m’accuse de lâcheté « ,
a-t-il expliqué. En décidant d’assister à l’ouverture du procès, Khaled
Nezzar donne l’impression de montrer qu’il ne redoute pas outre mesure son
retour de France.
En avril dernier, le général à la retraite avait dû quitter précipitamment
la capitale française, où il se trouvait pour la promotion de ses mémoires –
Échec à une régression annoncée (Publisud, Paris) -, après avoir fait
l’objet d’une plainte de la part d’une famille algérienne. Déposée quelques
heures avant sa conférence-débat au Centre culturel algérien par deux
avocats français agissant au nom d’une famille algérienne, la plainte avait
été déclarée recevable. Du coup, une enquête préliminaire avait été
immédiatement ouverte pour examiner, entre autres, le statut de l’ancien
membre du HCE. Au moment du voyage, ce dernier était porteur d’un passeport
diplomatique, un document qui, au regard de la convention internationale
compétente, lui assure l’immunité. L’enquête préliminaire a été classée sans
suite deux mois plus tard par le parquet.
L’ancien ministre de la Défense n’exclut pas pour autant une
déclassification de l’affaire.  » Je n’ignore pas qu’elle peut être rouverte
dès que j’aurai à nouveau posé le pied sur le sol français « , reconnaît-il.
En vertu de ses responsabilités antérieures au rang desquelles la qualité de
membre de la présidence collégiale de janvier 1992 à février 1994, Khaled
Nezzar jouit, à vie, d’un passeport diplomatique. Un document, fait-il
remarquer, qui ne le  » met pas à l’abri de poursuites judiciaires « . Dans
son interview, le général semble prendre toute la mesure des risques qu’il y
a à débarquer cinq mois après son départ précipité. Bien plus, il se dit
prêt à affronter les conséquences d’une éventuelle réactivation de
l’affaire. Celui que les médias étrangers présentent à l’unisson comme
l’ancien homme fort du pouvoir durant la première moitié de la décennie
écoulée  » préfère affronter la justice française que de laisser faire les
médias « .  » Je suis prêt à répondre à une convocation de la police. J’ai la
conscience tranquille et je dispose d’assez d’arguments pour ne pas craindre
une mise en examen.  » A en croire le journal parisien, les avocats de
Souaïdia comptent citer, à l’audience, une quarantaine de témoins algériens
et français. Interrogé sur les risques de voir le procès évoluer vers un « 
grand déballage  » sur l’armée algérienne, le général à la retraite répond :
 » De toute manière, le procès de l’Algérie est déjà fait. Et le pire, c’est
qu’il est fait essentiellement par des Algériens. « 
A travers ce procès en diffamation –  » Souaïdia n’est qu’un prétexte  » -,
Khaled Nezzar est soucieux de mener un combat politique contre le procès
intenté, selon lui, à l’ANP pour son rôle durant la période qui a suivi
l’interruption du processus électoral.  » Je veux simplement réagir à ce que
j’estime être une orchestration dirigée contre moi et contre ceux qui ont
interrompu le processus électoral en 1992.  » M. K.

 

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