Ordre du jour du chef d’état-major de

Armée/Message : Ordre du jour du chef d’état-major de
l’armée nationale populaire

Alger, 26/02/2001 (aps) – Le chef d’état-major de
l’armée nationale populaire (anp), le général de corps
d’armée Mohamed Lamari a adressé, lundi, un ordre du
jour aux officiers, sous officiers et djounoud.
En voici le texte intégral :

« A l’heure ou notre pays consolide progressivement sa
situation dans une stabilité institutionnelle
retrouvée et une cohésion renforcée, on voit de
nouveau se déclencher des tentatives de
déstabilisation, visant l’armée nationale populaire et
les services de sécurité.
Une campagne médiatique délirante émanant de
l’extérieur présente comme « vérités » des assertions
assimilant l’action de l’armée et des services de
sécurité a des actions criminelles comparables a
celles des groupes terroristes. L’auteur de ces
« révélations », un ex-officier de l’Anp, est érigé a
l’occasion en écrivain afin de remettre d’actualité le
mythe de « qui tue qui ? ».
Comme vous le savez déjà, alors qu’il était engage
avec ses compagnons d’arme dans la lutte
anti-terroriste, cet individu, abusant de sa qualité
de militaire, s’adonnait parallèlement au vol de
véhicules et de pièces détachées. En cela, il a failli
a son serment, a son honneur d’officier et a sa
mission.
Reconnu coupable du chef de vol qualifie par la
justice, il a été condamne ainsi que ses acolytes, a
une peine d’emprisonnement ferme, cassé de son grade,
remis au rang de djoundi et exclu de nos rangs.
Le cas de cet ex-militaire a été porte a la
connaissance du panel de l’Onu lors de sa visite
d’information effectuée dans notre pays en 1998,
d’ailleurs au même titre que ceux des éléments
condamnes pour infractions commises dans le cadre de
l’accomplissement d’un service commande.
Face a de telles accusations, mettant également en
cause les groupes de légitime défense, les citoyens
volontaires et les moudjahidine, la perception par
notre propre société de notre engagement, se pose
comme la meilleure des réponses. En effet, le peuple
qui vous a à ses cotes tous les jours et qui est le
premier témoin de votre dévouement continuel pour le
défendre, n’est pas dupe pour croire a de telles
mystifications et sait bien, en définitive, « qui tue
qui ? ».
Que ce soit dans les douars isoles, dans les zones
urbaines ou partout ailleurs dans le pays, nul ne
nourrit de doutes sur l’identité véritable des hordes
sanguinaires, ni d’ailleurs, sur celles de leurs
défenseurs, soutiens et relais traditionnels, ici ou
ailleurs.
La revendication par les organisations criminelles
elles-mêmes, des tueries et massacres, de même que les
aveux et reconnaissance des faits par les terroristes
arrêtés, devant les tribunaux lors de procès publics,
ne semblent pas de nature a entamer l’acharnement de
ces foyers hostiles a notre pays.
Ne l’oublions pas et n’oubliez pas qu’ils fondent leur
renommée sur la douleur des victimes et l’épreuve que
traverse notre pays.
Soyez donc convaincus que ces propos et manouvres,
pour gravissimes qu’ils paraissent, ont peu de poids,
compares a la grandeur et au caractère sacre de notre
lutte et des valeurs morales qui président aux
sacrifices que nous impose le devoir.
En digne fils de ce valeureux peuple dont vous
partagez le quotidien, convaincus de le servir
passionnément, conscients d’appartenir a une
institution républicaine jalouse des valeurs qui la
fondent et sur lesquelles elle ne transige pas,
particulièrement quand l’un des siens commet une
faute, vous vous interrogez légitimement sur le mobile
de ces campagnes haineuses.
Les appétits commerciaux de certains éditeurs et les
ressentiments nostalgiques des initiateurs ne peuvent
justifier a eux seuls, ni l’orchestration minutieuse,
ni le tapage médiatique mené autour d’un ouvrage dénué
d’objectivité, d’originalité et sans aucune valeur
littéraire ou documentaire.
Aussi, cette nouvelle opération répond, comme les
précédentes, a des fins inavouées mais très claires:
ternir l’image des autorités algériennes notamment
militaires, afin de tenter de saper la cohésion dans
les rangs de l’armée et des corps de sécurité, dans le
but évident de renforcer la subversion et la conforter
dans ses objectifs politiques jusqu’ici interdits ou
hors de portée.
Si telles sont les visées inavouées des artisans de
cette manouvre, il y a assurément méprise de leur
part: l’objectif politique, si objectif il y a, ne
relève pas de la compétence des autorités militaires.
Il relève d’abord des institutions de l’état et de la
nation toute entière.
Apres avoir prêté a l’armée nationale populaire les
desseins les plus noirs, au lendemain de l’arrêt du
processus électoral, ces forces occultes s’emploient
encore a en donner un visage dictatorial assorti d’un
rôle politique obscur et handicapant, ne se résignant
pas a la voir dans son rôle d’armée républicaine.
Elles ne se résignent pas aussi, a voir l’Algérie
reprendre la voie de l’essor à l’opposé de leurs
aspirations. Faute d’avoir pu casser sa cohésion,
réduire sa souveraineté et asphyxier son économie, les
voici de nouveau concentrant leurs efforts perfides
pour ternir l’image de la force autour de laquelle
s’est constitué et renforcé le rempart contre
l’obscurantisme, le désordre et la dévastation.
Il est vrai qu’il n’y a pas de pire sourd que celui
qui ne veut pas entendre et de pire aveugle, que celui
qui ne veut pas voir.
Fidèles a la vocation de l’armée de libération
nationale combattante pour la libération et la
liberté, nous sommes tous les djounoud d’une armée
républicaine au service de l’état, toujours fidèles
aux valeurs nationales réaffirmées dans notre
constitution et a ses institutions.
C’est a ce titre, et dans le cadre de la loi, que nous
demeurons engages dans ce combat contre les forces du
mal qui, n’eut été notre participation active a
l’effort national, auraient détruit l’état, l’unité
nationale et la démocratie.
Imprégnés des missions constitutionnelles qui nous
sont dévolues, nous resterons mobilises, disciplines,
vigilants, a la disposition des autorités de l’état.
Ce n’est pas la première fois que nous sommes
diffamés, ce ne sera probablement pas la dernière. En
effet, je n’ai cesse de vous rappeler en diverses
occasions, qu’a chaque fois qu’est enregistrée une
amélioration de la situation dans notre pays,
notamment sur le plan sécuritaire, et qu’une issue a
la crise est entrevue, grâce a l’oeuvre nationale
commune, les ennemis de l’Algérie trouveront toujours
matière a engager des actions de plus en plus
pernicieuses ciblant l’armée et les soutiens
populaires engages a ses cotes.
Afin de préserver notre institution contre de telles
actions, j’ai eu a insister en m’adressant a vous par
instructions, directives et autres, ainsi que lors de
nos briefing, sur l’impérieuse obligation de faire
montre en permanence et en toute circonstance, de
dignité, d’humilité, de respect et de discernement
dans l’application des lois et règlements lors de
l’accomplissement des taches et missions imparties, et
d’observer scrupuleusement les règles d’éthique
militaire, prescrites notamment, par le règlement du
service dans l’armée.
Ceci, vous l’avez fait.
Ainsi, les auteurs de déviances, a l’image de cet
individu que nous avons chasse de nos rangs, n’ont pas
leur place parmi nous. Leur comportement n’est pas et
ne sera pas celui de l’armée nationale populaire.
Grâce a votre vigilance et au sens de l’honneur qui
vous anime, ils ont été démasqués, traduits devant les
juridictions et exclus de nos rangs quels qu’aient été
leur grade ou leur fonction.
Rien ni personne ne pourra, en quelque circonstance
que ce soit, entamer notre volonté, ni entraver
l’action de la justice.
Les campagnes orchestrées de l’extérieur disposent de
relais véhéments a l’intérieur. Vous avez eu et vous
aurez encore a constater a travers des écrits éhontés,
des caricatures et autres, des outrances et des
insanités a l’égard de votre armée et de vos chefs.
L’obligation de réserve qui a été la notre jusqu’ici,
ne peut nous empêcher de regretter l’usage méprisable
qui est fait des libertés chèrement acquises par notre
peuple.
Cette obligation de réserve ne peut et ne doit
nullement être interprétée comme un silence coupable
face a une campagne dont l’objectif recherche,
consciemment ou inconsciemment, vise a porter atteinte
a toute l’institution militaire en exagérant le trait
par un procédé a la mode et qui « se vend bien ».
La légalité républicaine et la loyauté sans faille
envers l’état doivent être nos repères. Nous sommes et
demeurons fiers de notre appartenance a ce peuple et a
son armée qui ont su faire preuve, dans la tourmente,
de tant de grandeur.
C’est a ce prix et a celui du sacrifice de toutes les
victimes militaires et civiles, tombées au champ
d’honneur, chouhada du devoir et de la liberté, que
l’Algerie gagnera la bataille de son destin: faire du
peuple algérien, un peuple libre dans un pays
souverain, aspirant et ouvrant au progrès universel,
comme l’a souvent souligne M. Le président de la
république.
Ceci exige le rétablissement de l’ordre sur l’ensemble
du territoire national, la sécurité pour chacun et le
respect des libertés de tous. C’est ce a quoi nous
nous sommes attelés avec force et discipline.
Nous continuerons a ouvrer en ce sens, que cela plaise
ou non a ces éternels détracteurs de l’Armée Nationale
Populaire, d’ici et d’ailleurs. »/aps – 50000/440/911

 

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