Vente d’équipements militaires à l’Algérie

Vente d’équipements militaires à l’Algérie

Les Etats-Unis donnent leur accord

Par Hamidou B., Le Jeune Indépendant, 10 décembre 2002

Un accord de vente d’équipements militaires américains a été conclu entre les Etats-Unis et l’Algérie dans le cadre de la lutte antiterroriste. C’est ce qu’a révélé hier, à Alger, Williams Burns, secrétaire d’Etat adjoint aux affaires de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Sans donner de précision sur le type d’armement que Washington va livrer au gouvernement algérien, le responsable américain a indiqué que son pays étudie un autre accord de fourniture d’équipements militaires à l’Algérie, en tenant à préciser que l’Administration américaine va demander au Congrès d’accepter d’augmenter le budget du programme de coopération militaire avec l’Algérie. L’Algérie, dira Burns, bénéficiera dans les volets de la formation militaire. Le responsable américain s’est longuement attardé sur les relations algéro-américaines en relevant que son pays entretient des relations étroites avec l’Algérie dans la lutte anti-terroriste. Tout en soulignant à ce propos que «l’Algérie est la société qui a le plus souffert du terrorisme», le secrétaire d’Etat adjoint aux affaires de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient a noté que l’Algérie coopère pleinement avec les Américains dans la lutte antiterroriste internationale. «Nous avons appris de l’expérience algérienne dans sa lutte contre le terrorisme», a-t-il soutenu. Qualifiant ses entretiens avec le président Bouteflika de «fructueux», Williams Burns indiquera dans sa conférence de presse tenue hier à l’ambassade américaine à Alger qu’il a été particulièrement satisfait des discussions avec le chef de l’Etat.

Cette conférence de presse du responsable américain aura permis de cerner la vision de l’Administration américaine sur un certain nombre de questions concernant les relations bilatérales algéro-américaines, les réformes économiques en Algérie, le Maghreb et le conflit du Sahara occidental, le Proche-Orient et le conflit israélo-palestinien et l’Irak. Williams Burns, qui effectue sa deuxième visite en Algérie après celle effectuée il y a juste un an, s’est déclaré «satisfait» des progrès réalisés entre l’Algérie et les Etats-Unis depuis une année, en assurant que ces relations vont être renforcées dans les années à venir. Se disant incapable de répondre à la question de savoir si le président Bush effectuerait une visite en Algérie l’année prochaine, Williams Burns relèvera que les visites en Algérie du secrétaire adjoint au Commerce, Samuel Bodman, et celle de Grossman, sous-secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires politiques, ont renforcé le rapprochement entre l’Algérie et les Etats-Unis, le rythme de ses relations, assurera-t-il, va s’accélérer davantage dans les années à venir. Dans le sillage de ce rapprochement, il évoquera les exercices conjoints entre les deux pays dans le domaine militaire, le partage de l’information sécuritaire et l’aide américaine dans la sécurité des aéroports. «Nos relations économiques sont en train de se renforcer dans l’intérêt des Etats-Unis et de l’Algérie», notera le responsable américain en précisant que la société algérienne aspire à prospérer dans le domaine de la démocratie. Nous allons ouvrer encore pour améliorer et développer les relations économiques, et le secteur privé algérien y est associé, précisera-t-il.

La récente création de la chambre du commerce des hommes d’affaires algéro-américaine, la coopération dans le domaine pharmaceutique avec l’implantation en Algérie de Pfizer dans le cadre du partenariat sont autant de preuves tangibles de la coopération économique entre l’Algérie et les Etats-Unis, fera remarquer l’hôte de l’Algérie.

Le volet des réformes économiques en Algérie a constitué un autre point développé par Williams Burns. Il affirmera sans ambages que les Etats-Unis appuient le programme des réformes économiques en précisant que celui-ci reflète l’intérêt des Algériens à ces réformes. «Il s’agit de l’ouverture du secteur économique qui vise à attirer les investissements et d’un programme élaboré par les Algériens pour les Algériens. Les Etats-Unis, dira-t-il, ont des ressources pour aider l’Algérie à réaliser ce processus. Nous apporterons notre aide technique aux Algériens dans le cadre de l’OMC», a-t-il notamment assuré. Williams Burns a indiqué que son pays saisira tous les instruments existant pour aider l’Algérie. Il citera le programme Eisenstadt pour les pays du Maghreb (Algérie-Maroc-Tunisie) qui reste toujours d’actualité et le programme pour le Proche-Orient qui sera annoncé prochainement par Powel, le chef de la diplomatie américaine, un programme que l’Algérie pourra en bénéficier selon Williams Burns. H. B.