Coopération militaire algéro-américaine : Paris s’abstient de tout commentaire

Coopération militaire algéro-américaine

Paris s’abstient de tout commentaire

Le Jeune Indépendant, 12 décembre 2002

Les autorités françaises ont fait part de leur refus de commenter la récente décision américaine de livrer à l’Algérie du matériel militaire destiné notamment à la lutte contre le terrorisme, estimant que cette affaire concerne deux «Etats souverains».

Interrogé hier par la presse parisienne au sujet de cette décision, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères a indiqué que la France n’avait pas de commentaire à faire.

«S’agissant d’une décision souveraine, entre deux Etats souverains, je ne ferai pas de commentaire», a ajouté Cecile Pozzo di Borgo.

Lors de sa visite en Algérie, dimanche dernier, M. William Burns, le secrétaire d’Etat adjoint américain aux Affaires de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient, avait annoncé que les Etats-Unis s’apprêtaient à livrer à l’Algérie de l’équipement militaire, dans le cadre du renforcement de la coopération entre les deux pays, une coopération qui a pris une direction plus soutenue à travers leur rapprochement en matière de lutte antiterroriste.

«Nous sommes sur le point de parachever un accord de fourniture à l’Algérie d’équipements militaires de lutte contre le terrorisme», avait fait savoir M. Burns lors d’une conférence de presse ponctuant sa brève visite à Alger.

Il a également annoncé que l’administration du président George W. Bush allait soumettre au Congrès un projet de texte visant à renforcer l’aide militaire américaine à l’Algérie. Les Etats-Unis considèrent, depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’Algérie comme un partenaire de premier plan dans la lutte contre le terrorisme international, de l’aveu même de M. Burns qui a souligné que «Washington a beaucoup à apprendre de l’Algérie sur la façon de combattre le terrorisme.»

Depuis quatre ans, la coopération militaire entre Alger et Washington se limitait à quelques fournitures d’équipements de transmission et à la formation des officiers algériens. En 1999, l’Algérie avait acheté pour quelque 600 millions de dollars de matériel militaire des Etats-Unis servant en particulier à la transmission, selon un rapport de la commission de défense du congrès américain.

La décision américaine, qui scelle désormais cette coopération militaire et sécuritaire, constitue du pain béni pour l’Algérie qui s’était longtemps plainte de l’embargo imposé par les pays de l’Union européenne, notamment la France. Le président Bouteflika avait reproché ouvertement à la France d’avoir joué à l’isolement de l’Algérie au sein de l’Union européenne. .