La Kabylie interdite à la presse internationale

 

Elections législatives en Algérie

La Kabylie interdite à la presse internationale

Reporters sans frontières, 27 mai 2002

Depuis le 25 mai, le ministère de la Communication interdit à la presse étrangère de se rendre en Kabylie. « Le fait que l’Etat algérien ait d’octroyé facilement des visas à de nombreux journalistes pour les élections en Algérie apparaissait comme un signe positif. On se rend compte aujourd’hui qu’il n’en est rien. Les autorités algériennes ont trouvé un prétexte ridicule pour que la presse étrangère ne puisse pas couvrir librement les élections en Kabylie. Il n’en fallait pas plus pour démontrer leur volonté de tenir les élections à huis clos dans cette région », a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation, qui demande aux autorités algériennes de revenir sur cette mesure.

Les autorités algériennes ont invoqué un « incident » survenu en Kabylie à une escorte policière qui suivait une équipe de France 2, le 23 mai, pour interdire aux journalistes étrangers de se rendre en Kabylie dès le lendemain. Selon le ministère de la Communication, l’escorte « a été prise à partie par des manifestants » dans la région de Tizi-Ouzou. Dans une lettre adressée aux autorités algériennes, une vingtaine de journalistes de la presse internationale ont protesté contre cette mesure et ont demandé à pouvoir exercer « normalement » leur métier « sur tout le territoire algérien » : « dans les conditions actuelles, il nous est impossible d’assurer correctement la couverture de ces élections ». Lors d’une conférence de presse tenue à Alger le 27 mai, Abdelaziz Belkhadem, ministre des Affaires étrangères, s’est déclaré « surpris » de cette mesure et a ajouté qu’il allait en discuter avec les autres membres du gouvernement ». Cette interdiction n’a pas été signifiée aux journalistes de la presse étrangère accrédités et résidant en Algérie.

A Alger, tous les journalistes étrangers se déplacent avec une escorte qui leur est imposée. Selon certains d’entre eux, ces escortes, composées d’un ou deux hommes, ont plus comme fonction de contrôler leur travail que de les protéger.

Virginie Locussol ([email protected] / [email protected])
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