Le RND ouvre ses listes aux «anti-boycott» des autres partis

Elections législatives

Le RND ouvre ses listes aux «anti-boycott» des autres partis

B. Djilali, Le Quotidien d’Oran, 24 mars 2002

Le Rassemblement National Démocratique aurait, selon des sources crédibles, entrepris des contacts avec des cadres de certains partis et leur aurait proposé de figurer sur ses listes pour les législatives du 30 mai. Le RND a ciblé les militants des partis qui ont tranché sur la question du boycott et ceux susceptibles d’y opter.

L’on cite, parmi ces partis, le MDS, l’ANR, le RCD et le FD. Si la tentative semble inutile dans le cas du MDS, dont la position contre toute élection avec la participation des islamistes est connue, il n’en est pas de même pour les autres. Particulièrement le FD de Sid Ahmed Ghozali qui ne peut en aucun cas présenter de candidatures puisqu’il n’a toujours pas reçu son agrément. Certains de ses militants qui siègent dans l’actuelle assemblée seraient tentés par le renouvellement de leur mandat en empruntant la voie du parrainage du RND.

M. Rédha Malek avait, dès le départ, annoncé sa non-participation à ces élections, sous prétexte que l’ANR manquait de moyens. Une justification que d’aucuns ont perçue comme un appel à soutien, puisque a priori l’Alliance n’est pas contre une participation, pourvu qu’on la dote de moyens financiers. Ce qui, par ailleurs, explique le choix du RND pour cette formation. Est—elle d’ailleurs cataloguée dans la mouvance « républicaine, démocratique, nationaliste et moderniste » dont se réclame le RND ?

Pour le RCD, les choses se présentent différemment. Le parti de Saïd Sadi a voté, à l’unanimité de son conseil national, le boycott. Cependant l’approche du RND viserait les quelques voix qui étaient contre ou se sont abstenues, lors du vote de la proposition.

Le parti d’Ouyahia essaie ainsi de rallier, à sa cause, tous les cadres en rupture de ban avec leur direction ou en manque de « parrain », en leur offrant l’occasion ou la chance de devenir des députés. La liste est donc ouverte aux prétendants.

Toutefois, l’on ne comprend pas l’objectif d’une telle initiative. Cela d’autant qu’on dit que le RND dispose d’un « effectif » pour élaborer des listes dans les 48 wilayas du pays. A moins qu’il s’agisse d’aspirer les potentiels des réticents des partis qui sont contre le vote et élargir par la même occasion, d’une part, le cercle des partisans de la tenue des élections dans les délais constitutionnels et, d’autre part, se donner une chance de victoire en capitalisant la sympathie populaire de ses adversaires, en mettant en tête de liste des candidats issus de leurs rangs.

L’hypothèse est d’autant plus plausible que le RND, selon ces sources, n’a pas intégré dans ses tablettes les indépendants. Surtout que ceux-ci ne peuvent pas représenter une force de proposition ou un quelconque poids politique avant le scrutin.