Nahnah: «Tout est piégé, tout est miné»

Nahnah à propos de la situation du pays

«Tout est piégé, tout est miné»

Par Sihem H., Le Jeune Indépendant, 19 janvier 2002

La crise multidimensionnelle que traverse l’Algérie est préméditée et voulue par certains cercles du pouvoir. C’est ce qu’a affirmé le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), M. Mahfoud Nahnah, dans une allocution prononcée à l’ouverture de la réunion annuelle des cadres de son parti, jeudi dernier. Explicitant ses propos, il affirme que cette orchestration est décelée à travers la mauvaise gestion que réserve le pouvoir aux dossiers sensibles, tels que ceux ayant trait aux soulèvements populaires. «C’est une politique de cache-cache qui prédomine actuellement. Sinon, comment expliquer que l’on s’attelle (au pouvoir) à cacher tout et à tout le monde ?», s’insurge-t-il. Cette démarche, ajoute-t-il, n’augure rien de bon pour l’avenir du pays. «L’objectif de cette politique est d’attenter à l’unité nationale, ronger la classe politique et conduire la société droit vers l’érosion». Le président de cette formation politique ne mâche pas ses mots en déclarant que «cette gestion ne vise autre que préparer le terrain à l’intervention étrangère». Pour être plus clair, le président du MSP scinde son discours en deux parties. Dans la première, il énumère tous les dossiers qui sont à son avis piégés tel que la justice et même les accords avec l’UE. La seconde partie, il l’a consacre aux dossiers qu’il dit être minés ; il cite notamment l’évaluation des soulèvements populaires, le prochain scrutin, l’économie de marché et la mise en place des différentes commissions pour prendre en charge des problèmes qu’elles ne font, en fin du compte qu’aggraver davantage. Pour lui, l’Etat se réfugie derrière l’état d’urgence actuel pour camoufler «toutes ces anomalies faites de pièges et de mines». Pour une sortie de crise, Nahnah propose la création de plusieurs fronts qui prendront en charge, entre autres, la justice, l’économie et les fraudes. M. Nahnah a précisé, tout au début de son intervention, que l’ordre du jour n’est pas la préparation du prochain scrutin qui est exclusivement du ressort du conseil consultatif qui se réunira prochainement. S. H.