Ali Benflis: «Les législatives avant le 5 juin»

ALI BENFLIS A EL WATAN

«Les législatives avant le 5 juin»

 

Par Fayçal Metaoui, El Watan, 19 janvier 2002

Approché à la faveur de sa visite, ce week-end à la wilaya d’El Bayadh, le chef du gouvernement, Ali Benflis, a précisé qu’il n’y a pas de raison de reporter les élections législatives, prévues au printemps 2002.

Les élections législatives seront organisées à la date légale, c’est-à-dire avant le 5 juin 2002», nous a-t-il déclaré en aparté. Des rumeurs, relayées par la presse, avaient couru ces derniers temps sur la probabilité de reporter les législatives compte tenu notamment de la situation en Kabylie, marquée par des troubles depuis avril 2001. Le chef du gouvernement nous a indiqué que le processus engagé avec des délégués de la Kabylie, depuis le 6 décembre 2001, se poursuivra et ira jusqu’au bout. Il n’y a donc point de «rupture» du dialogue avec ces délégués, comme cela a été annoncé çà et là, suite au report de deux séances prévues avec le chef du gouvernement avant son périple à l’ouest et au sud-ouest du pays. «La plate-forme d’El Kseur est celle de toute une région et pas seulement des délégués engagés dans le dialogue avec le gouvernement. Cette plate-forme sera mise en application», a encore précisé Ali Benflis. Selon lui, le rapport des délégués regroupés autour de Salim Allilouche sera finalisé et discuté lors d’une séance à organiser dans les prochains jours. «Les délégués seront bientôt reçus par le président de la République», a confirmé le chef du gouvernement. Il a ajouté que les portes du dialogue sont toujours ouvertes avec les autres délégués de la Kabylie, ceux particulièrement qui refusent de s’inscrire dans le processus du 6 décembre. Les «radicaux» avaient menacé dernièrement de boycotter les prochaines législatives au cas où leurs revendications n’étaient pas prises en charge par les autorités. Des milieux politiques avaient estimé qu’il n’était pas «possible» d’organiser des législatives au milieu d’un climat tendu. La révision de la Constitution, selon le chef du gouvernement, n’est pas à l’ordre du jour. Du moins, pas avant les législatives. Une source autorisée avait indiqué récemment à El Watan qu’il n’existe, à l’heure actuelle, aucun projet de révision constitutionnelle au niveau de la Présidence de la République. La mise en application du rapport Missoum Sbih sur la réforme de l’Etat, qui ne se fera pas en quelques mois, et le règlement politique de la question de la Kabylie «conditionnent» cette révision. A propos des contestations populaires constatées dans certaines régions du pays dont Labiod Sidi Cheikh dans la wilaya d’El Bayadh, Ali Benflis a évoqué la nécessité d’instaurer «un dialogue permanent» entre les autorités locales et les citoyens. Il a plaidé aussi pour que le mouvement associatif ait «un droit de regard sur les finances locales». «La destruction des biens publics ne règle aucun problème. Il faut en finir avec ces comportements», a-t-il observé. Labiod Sidi Cheikh, située à 136 km au sud d’El Bayadh, a connu des émeutes en octobre 2001. Partout où il est passé, dans les wilayas de Tiaret, Naâma et El Bayadh, Ali Benflis a plaidé pour le recours à «des moyens civilisés» pour porter la contestation et pour éviter la «casse». «L’ordre doit prévaloir pour pouvoir régler les problèmes», a-t-il répété.