«Les élections se tiendront même en Kabylie»

Benflis dans une conférence de presse

«Les élections se tiendront même en Kabylie»

Par Hamidou Benomari, Le Jeune Indépendant, 27 avril 2002

«Les législatives auront lieu le 30 mai, même en Kabylie», c’est ce qu’a déclaré hier, au Mouflon d’or, Ali Benflis, le secrétaire général du parti du Front de libération nationale (FLN). Il précisera que le FLN sera présent dans cette région comme, d’ailleurs, dans les autres régions du pays. Dans ce contexte, le successeur de Boualem Benhamouda parlera de dialogue qui permettra, selon lui, le retour à la normale et à l’apaisement, sans fournir pour autant d’autres précisions sur une éventuelle initiative en cours émanant du gouvernement ou d’autres sphères du pouvoir avec les parties qui rejettent ces élections en Kabylie.

Le chef de gouvernement épinglera au passage ceux qui demandent une autre période de transition, en affirmant : «L’Algérie n’en a pas besoin.» Dans la foulée de ses mises au point, le secrétaire général du FLN ajoute : «si les élections n’auront pas lieu, cela veut dire que nous entamerons une nouvelle période sans institution législative ; cela veut dire qu’il y aura un vide constitutionnel, ce qui constituera un danger pour le pays. » Tout au long de sa conférence de presse, Ali Benflis a donné à l’assistance et aux cadres de son parti l’image d’un homme serein dans sa démarche, ne montrant aucun signe d’inquiétude quant à la tenue des législatives à la date arrêtée. Aux appréhensions des uns sur un possible raz de marée aux législatives des «partis religieux» ou «partis islamistes», Ali Benflis aura cette réponse : «C’est l’urne qui décidera. Nous vous donnons rendez-vous après le 30 mai.» Le conférencier dira que son parti à choisi par «consensus» les candidats aptes à décrocher le «quitus» du peuple pour l’hémicycle Zighoud-Youcef. «Le FLN compte réaliser un score honorable et honnête». «je ne connais pas cette question de quotas. Personne ne m’en a parlé», martela Benflis à propos de cette question en vogue sur la politique des quotas dans le partage des sièges de l’assemblée populaire nationale. Cette question nous renvoie directement, bien sûr, à la fraude et, sur ce point précis, le chef du gouvernement dira qu’il y a des garanties politiques et techniques pour l’éviter. Dans la foulée de ses réponses, Benflis fera remarquer qu’il n’a «pas de commentaire à faire» sur la désignation de Saïd Bouchaïr par le président Abdelaziz Bouteflika. Il convient de rappeler que l’ex-président du conseil constitutionnel a cautionné les résultats des législatives de 1997, résultats entachés de fraude massive, dénoncée par la majorité de la classe politique nationale. Dans sa radioscopie sur les listes FLN, le conférencier dira que son parti est présent dans les 48 wilayas du pays et dans les 6 circonscriptions électorales à l’étranger. Il fera remarquer au passage que le professeur Sanhadji est tête de liste FLN à Lyon (France).

Le FLN, précisera t-il, se prépare d’ores et déjà aux communales. Ali Benflis révèlera que le congrès extraordinaire du FLN aura lieu juste après les élections communales. Le patron du FLN expliquera dans sa «plaidoirie» qu’il y a certes des mécontents, mais la situation est loin d’être alarmante, comme rapporté par la presse nationale sur les remous qu’ont connus certaines localités du pays. «C’est humain», dira t-il, mais les choses sont revenues à la normale. Pour ce qui est des possibles alliances entre le FLN et le RND, Benflis niera tout contact dans ce sens. «Il faut attendre les résultats du 30 mai pour connaître le poids de chacun.» H. B.