Djaballah accuse l’armée

Djaballah accuse l’armée

R. N., Le Matin, 7 mai 2002

Le leader du Mouvement pour le renouveau national (MRN) accuse l’armée d’être à l’origine du rejet de certaines listes de candidats. Une accusation lancée hier lors du passage de Djaballah au forum hebdomadaire organisé par le quotidien arabophone El Youm. « Tout le monde sait que le pays est dirigé par des parties puissantes. Vous le savez bien vous. Qui dirige en Algérie, El Mouradia ou les Tagarins ? », lance-t-il en réponse à une question relative au rejet des listes présentées par son parti. Une liste, précise-t-il, déclarée non conforme par les autorités de Mascara. « Ce sont eux qui ont pris cette décision en violation de la loi », dans la mesure où « nous avons dû déposer de nouveaux noms après la date légale du dépôt de listes ». Il déclare par ailleurs que cette opération a éliminé de ces listes tous les candidats issus de l’ex-FIS.
Djaballah a, d’autre part, accusé des « parties animées d’un but inavoué » d’être à l’origine des évènements qui secouent les prisons.

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Djaballah : «Je suis contre le boycott»

Par Nabila Amir, El Watan, 7 mai 2002

C’est ce qu’a déclaré hier Djaballah lors du Forum organisé par le quotidien El Youm. C’était l’occasion pour le premier responsable du MRN de répondre aux questions des journalistes portant essentiellement sur la situation qui prévaut actuellement dans le pays.

D’emblée, Djaballah a tenu à préciser, concernant les élections législatives, que parmi les listes déposées par sa formation, 14 d’entre elles ont été rejetées. Mais les candidats contestés ont pu être remplacés à temps sauf, toutefois, pour la liste déposée au niveau de la wilaya de Mascara. Le rejet des dossiers de certains candidats, d’après Djaballah, est motivé par des critères purement administratifs. En outre, le responsable de cette formation ne nie pas que des militants de l’ex-FIS, qui ont rejoint son parti, figuraient sur les listes électorales qui ont toutes été rejetées. «Certes, il y a quelques années, des militants de l’ex-FIS ont adhéré à notre parti. Aujourd’hui, nous les considérons comme des militants du parti du MRN. Ceci est injuste, et nous ne comprenons pas tout à fait le sens du rejet de ses listes», soutient Djaballah. Par contre, pour ce qui est de la liste établie dans la wilaya de Mascara, Djaballah ne tergiverse pas et lance que son rejet relève de l’abus de pouvoir. Celui-ci affirme que les islamistes vont avoir les deux tiers des sièges au niveau de l’APN. Djaballah n’a pas non plus mâché ses mots en répondant à ceux qui ne cessent de rétorquer qu’il faut barrer la route aux islamistes, allusion faite à Ouyahia : «Nous souhaitons que cela se fasse légalement et que ces gens ne recourent pas à la fraude.» «Je suis contre le boycott», déclare Djaballah. Mais pour ce qui est de la crise qui secoue la Kabylie, le président du MRN affirme avoir suggéré aux partisans du boycott qu’il était prêt à demander le report des élections à la condition que ces derniers lui prouvent que plus de 85 % des Kabyles n’iront pas aux urnes. À la question portant sur la réforme du système éducatif, le premier responsable de cette formation réitère sa position qui est le refus et l’opposition à ce projet.