La sortie de crise de Bouteflika divise toujours les partis

La sortie de crise de Bouteflika divise toujours les partis

Samia Mellal, La Tribune, 11 septembre 2000

Une année après la démarche référendaire du 16 septembre 1999 du président de la République visant à l’instauration de la paix civile par le texte de loi relatif à la concorde civile, les avis des partis politiques et des personnalités interrogées à ce sujet sont partagés quant à l’échec ou la réussite de la démarche présidentielle.Pour le Front des forces socialistes de Hocine Aït Ahmed, le référendum du 16 septembre de l’année dernière «n’a servi que d’alibi pour combler un déficit de légitimité du président de la République», a estimé le secrétaire général du parti, en l’occurrence, Ali Kerboua. Cette démarche est un «échec», a indiqué notre interlocuteur. «Une année après le référendum, l’échec est consommé», insiste-t-il. Cette appréciation du numéro 2 du FFS s’explique par le fait que «les objectifs que cette concorde civile s’est assignés et qui consistent en le rétablissement de la paix n’ont pas été atteints». De plus, le responsable du FFS considère que la concorde civile «a occulté les véritables solutions pour aboutir à la solution politique» de la crise sécuritaire. Car, selon lui, le texte de loi relatif à la concorde civile «ne constitue que la couverture juridique d’un accord militaire passé entre l’ex-AIS et l’ANP». En outre, s’interroge Ali Kerboua, «a-t-on assisté au moins une fois au procès d’un terroriste qui a commis des crimes, alors que la loi sur la concorde civile n’accorde pas de grâce aux terroristes ?». D’où, «la non-application des dispositions mêmes de cette loi», tranche-t-il.Abondant dans le même sens, le général à la retraite Benyelles estime pour sa part que la concorde civile «est un échec lamentable». «Rien, absolument rien n’a changé sur aucun plan et même sur le plan sécuritaire, c’est l’échec», a-t-il indiqué. Pour preuve, «il n’y a qu’à lire la presse qui relate quotidiennement des attentats terroristes», poursuit-il. Dans cette logique, le général Benyelles explique que le référendum d’il y a une année «était un attrape-nigaud qui était à l’origine destiné à donner une légitimité qui n’avait pas été acquise par les urnes».Quant au MRN de Djaballah, il exprime à travers ses réactions, les positions du parti antérieurement exprimées. Selon Hamlaoui Akouchi, le chargé de la communication du MRN, «le référendum pour la concorde civile n’a pas été la démarche adéquate au rétablissement de la paix». En raison «de la non-intégration [au sein de ce référendum] de l’amnistie générale des terroristes». Cela dénote, estime le représentant du parti de Djaballah, «l’absence de volonté politique réelle chez les détenteurs de la décision politique pour un règlement sérieux du dossier sécuritaire».Allant à contresens des réactions susmentionnées, le RND d’Ahmed Ouyahia salue la démarche référendaire du président de la République dans le rétablissement de la sécurité du pays. Selon le chargé de la communication, M. Miloud Chorfi, «le RND a fait sienne la démarche de concorde civile». De ce fait, ce parti, membre de la coalition gouvernementale, considère qu’une année après le référendum et «bien que des actes assassins sont enregistrés çà et là, il faut reconnaître qu’une grande partie de ceux ayant une vision destructrice du pays ont été neutralisés». Et d’ajouter que les actes terroristes sont le fait de «fanatiques et d’extrémistes qui n’ont même pas discerné à travers le référendum du 16 septembre 1999 le pardon du peuple».