Le general lamari visite des usines d’armements en russie

Le general lamari visite des usines d’armements en russie

 

Mounir B., Le QUotidien d’Oran, 20 mai 2002

L’ex-kgb fournira une liste d’Algériens arrêtés en Tchetchénie

Le général de corps d’armée, Mohamed Lamari, Chef d’Etat-Major de l’ANP, est arrivé, hier, à Moscou pour une visite de trois jours, à l’invitation du ministère russe de la Défense.

Une visite avec un planning chargé, à en croire le ministre russe de la Défense, Serguei Ivanov, qui entamera dès aujourd’hui des discussions bilatérales avec son homologue algérien autour de diverses questions d’intérêt mutuel, «…des problèmes internationaux susceptibles d’influencer la sécurité en Méditerranée et en Eurasie…», selon le communiqué russe.

Selon les spécialistes, il sera fortement question, du côté algérien, d’expliquer aux Russes la démarche algérienne quant au dialogue avec l’OTAN. Davantage une explication de texte vis-à-vis d’un ancien partenaire militaire et un futur allié stratégique, qui veut garder intacte son influence, même mineure, dans le sud de la Méditerranée face aux Américains. En contrepartie, les Russes, au-delà de la coopération militaire, devraient fournir une liste de terroristes originaires d’Algérie, qui ont combattu aux côtés des milices islamistes en Tchetchénie.

Le FSB russe (ex-KGB) avait retracé, depuis un moment, les réseaux algériens en Tchetchénie, sous la conduite d’un certain Omar Chabbani, «…Djaffer Al Afghani…», membre opérationnel de la Qaïda. C’est sous son aile et avec l’apport de Abou Doha, alias le docteur Haïder, arrêté actuellement à Londres, que les «moujahidine» algériens, transitant par les camps de la Qaïda, en Afghanistan, ont rejoint les milices de l’émir tchétchène Khattab, assassiné dernièrement. Ce dernier, empoisonné récemment, avait, selon les estimations des services secrets russes, environ 80 Algériens dans son organisation, qui combattaient l’armée russe. Mais, au-delà du volet antiterroriste, le général Lamari devrait, jusqu’au 22 mai, visiter les équipementiers et les usines d’armements russes. Ainsi, il visitera l’entreprise fédérale d’Etat, Rosoboronexport, présidée par Andreï Belyaninov, qui est l’agence responsable d’exportations d’armes, sous la tutelle du ministère russe de la Défense. Près de 90% des transactions passent par cette agence qui, avec la réorganisation des ventes d’armes russes et la prospection commerciale, a réussi à replacer la Russie de Poutine au 3ème rang des marchands d’armes mondiaux. Il visitera, par la suite, la société MIG-ABC (Aircraft Bulding Corporation) qui avait fourni, durant des années, trois générations de MIG’s à l’aviation algérienne, avant le tarissement des commandes. Enfin, le général Lamari rencontrera, également, les responsables de Topaz Firm, spécialisée en technologie militaire. Toutes ces visites devraient aboutir à un autre round de discussions sur la vente d’armes, entre le chef d’Etat-Major de l’ANP et le délégué au ministère russe de la Défense, Mikhaïl Dimitriev, président du comité russe pour la coopération technique et militaire. Selon Kostantin Makiyenko, directeur du Centre d’analyse stratégique et technologique, cité par les médias de Moscou : «…l’Algérie demeure intéressée par de nouvelles acquisitions d’armements russes, du fait de l’équipement déjà acheté à l’ex-URSS et qui doit être rénové…». Cet arrangement prévoyait, entre autres, l’achat de 22 Sukhoï 24, d’un montant de 120 millions de dollars, dont 14 exemplaires ont été livrés en décembre 2001 à l’aviation algérienne. Les 8 autres appareils devraient être livrés, prochainement, après l’achèvement de l’installation de nouveaux instruments de mesure à bord, plus modernisés. Le planning chargé du général Lamari en Russie dénote, selon les experts russes, qu’Alger maintient le cap dans le cadre de la diversification de ses achats d’armements. Mis à part l’armement lourd, pour doter l’ANP d’équipements rénovés, les autorités russes veulent contribuer, par un armement adapté, à la lutte antiterroriste pour l’armée algérienne. Sur ce plan, rien n’indique que les militaires algériens soient intéressés par cet armement spécifique destiné à traquer les poches terroristes dans les maquis.

Les Russes veulent placer leurs fameux hélicoptères MI-17, capables d’évoluer avec aisance en montagne et qui avaient fait leurs preuves en Afghanistan. Mais l’offre américaine dans ce domaine, négociée à Washington, semble plus adaptée aux besoins algériens.