Charte de l’éthique pour les travailleurs de l’éducation

Charte de l’éthique pour les travailleurs de l’éducation

Les premières mesures appliquées dès la rentrée

El Watan, 21 juillet 2014

Les travaux de la Conférence nationale sur l’éducation ont débuté hier au lycée de mathématiques de Kouba, un établissement inauguré par Benbouzid en 2012 et qui devait symboliser l’excellence convoitée par la réforme du système éducatif.

Ainsi, dix années après la mise en application de ladite réforme, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, s’inscrit dans la continuité du travail amorcé en 2013 par son prédécesseur, Abdelatif Baba Ahmed, pour opérer une évaluation d’étape. Il s’agit, durant ces deux jours de conférence, de formaliser les propositions nées des différentes rencontres régionales et locales pour améliorer le système éducatif national dans sa partie du cycle obligatoire.

Les résultats de ces travaux, explique Mme Benghebrit, sont centrés sur quatre leviers, à savoir : les programmes du cycle obligatoire, la formation des formateurs, les conditions de scolarisation et l’égalité des chances de réussite ainsi que la modernisation de la gestion pédagogique et administrative. «Pour que l’école soit réellement au service de l’élève, il est impératif d’adopter une approche systémique», soutient-elle.

En matière d’objectifs à atteindre, les travaux de la Conférence nationale sur l’éducation visent à rattraper le retard en termes de médiatisation et d’information au sujet du processus de réforme mis en place et des conditions de son implantation pour une meilleure acceptation et surtout compréhension des décisions prises. Il est question, également, de présenter un bilan analytique de la réforme et d’émettre des recommandations pour améliorer le système éducatif national.

«Concernant l’aspect pédagogique, de grands défis attendent le secteur. Je citerais, par exemple, la généralisation du préscolaire pour une meilleure équité entre les élèves, la problématique de la dispense des langues étrangères dans les établissements du Sud et des Hauts-Plateaux, ainsi que d’autres questions pédagogiques, à l’instar des programmes et des manuels scolaires qui doivent être révisés», explique Nouria Benghebrit. La ministre met également le doigt sur l’importance de mener en parallèle des mesures pour assurer une meilleure professionnalisation des acteurs de l’éducation, en insistant sur le fait que la priorité des priorités est «la pratique réelle (du métier) dans la classe».

Concernant la gestion administrative et la bonne gouvernance du secteur, Mme Benghebrit préconise «l’abandon de la gestion par l’urgence et l’adoption de quatre valeurs adéquates dans ce domaine, à savoir : régularité, normalisation, participation et transparence». Et d’annoncer que les mesures d’application des recommandations émises par la conférence commenceront à être mises en œuvre sur le terrain dès la rentrée 2015-2016. Pour clore son discours inaugural, la conférencière a déclaré qu’«en l’absence de critères de professionnalisation, la morale personnelle reste maîtresse», comme pour dire que toute réforme ne peut être salutaire sans un engagement humain sain et responsable. «Il est impératif d’établir une charte de l’éthique et de la déontologie pour les travailleurs du secteur afin qu’elle soit le repère quotidien des rapports dans l’école», annonce-t-elle.

Samir Azzoug