Le député algérien Benbara a été frappé à mort et poignardé

Le député algérien Benbara a été frappé à mort et poignardé

Libération, 31 janvier 2003

PARIS (Reuters) – Le député algérien Abdelmalek Benbara, retrouvé mort à Paris mercredi, a été violemment frappé et tué de trois coups de couteau, selon les premiers résultats de l’autopsie remis aux enquêteurs.
« Les causes principales du décès sont liées aux premiers coups, à la tête et surtout au larynx qui a été brisé », a déclaré un porte-parole du parquet.
« M. Benbara était déjà agonisant lorsqu’il a reçu trois coups de couteau, dont un au coeur », a-t-il ajouté. L’enquête se poursuit sur le plan technique et scientifique par l’exploitation des traces retrouvées dans la voiture.
Le parquet de Paris a pris jeudi un réquisitoire supplétif pour assassinat après la découverte du cadavre du député dans le coffre de sa voiture, dans le VIIIe arrondissement de Paris.
Il avait déjà ouvert le 17 janvier une information judiciaire pour « séquestration et enlèvement ».
Abdelmalek Benbara, domicilié à Saint-Chamond (Loire), était recherché depuis le 10 janvier, date à laquelle son épouse et un ami avec lequel il avait rendez-vous la veille avaient signalé sa disparition à la police. Il était élu à l’Assemblée nationale algérienne, sous l’étiquette du Front de libération nationale (FLN), par les Algériens de France. Toutefois, la piste politique n’est pas privilégiée, a-t-on souligné de source judiciaire.
Le cadavre de l’élu, qui avait les pieds liés, se trouvait en état de décomposition avancée dans le coffre de sa voiture, garée avenue Hoche. Le décès semble remonter au jour de sa disparition.
Dans un premier temps, l’affaire avait été suivie par la brigade d’enquête sur les atteintes à la personne (BEAP) avant que la brigade criminelle ne se penche sur le dossier.
Lors des investigations, les enquêteurs ont appris que le député algérien avait un enfant dont la mère, une élue municipale, avait été victime de la fusillade à la mairie de Nanterre en mars 2002.