L’Algérie accuse une baisse de la fécondité

POPULATION

L’Algérie accuse une baisse de la fécondité

L’Expression, 12 Juillet 2009

Jusqu’à la fin des années 1980, l’Algérie se plaçait en tête des pays où le taux de fécondité est le plus élevé au monde.

La chute libre de ce taux s’explique par deux causes principales: les progrès accomplis par la contraception et la situation sociale des habitants.

Le taux de fécondité en Algérie est estimé à 2 enfants par femme, tandis que l’âge moyen de maternité est de 31 ans, a révélé la troisième enquête nationale à indicateurs multiples (Mics3) pour la période 2006-2009. L’enquête en question a touché 43.642 femmes. Jusqu’à la fin des années 1980, l’Algérie se plaçait en tête des pays où le taux de fécondité est le plus élevé au monde. Aujourd’hui, la France a un taux de fécondité presque égal à celui de notre pays, révèle cette enquête.
La chute libre de ce taux en Algérie, durant les 50 dernières années, s’explique par deux causes principales: les progrès accomplis par la contraception et la situation sociale des habitants, qui n’a cessé de se détériorer au fil du temps, leur imposant une limitation forcée et volontaire des naissances.
On pourrait évoquer aussi un certain changement dans le train de vie des couples, qui s’est modernisé et qui tend à susciter une prise de conscience des plus nécessaires face aux inconvénients multiples que rencontrent des familles nombreuses dans une société en pleine mutation. En somme, c’est ce qui ressort de la journée d’information qui s’est tenue hier sous le thème «Réagir à la crise économique: investir dans le développement durable». Cette rencontre a eu lieu à l’Institut national de la santé publique (Insp) à Alger à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la population. Ayant pris part à cette manifestation, le Dr Mustapha Benzine a indiqué que selon les chiffres officiels «on a recensé deux enfants par femme en 2007 alors qu’en 1983 on était à sept enfants par femme». Pour sa part, la vice-présidente de l’Association du planning familial, le Pr. Janine Nadjia Belkhoudja, a souligné que «la mortalité infantile s’associe également à cette baisse si l’on sait que pour 100.000 naissances, on relève 88 décès». Avec une baisse du taux de croissance annuel à 1,72%, les résultats du 5e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), faut-il le rappeler, reflètent une tendance à la baisse du taux de natalité en dix ans. L’Algérie compte officiellement, au 16 avril 2008, environ 34,8 millions d’habitants.
Les résultats de cette enquête donnent par ailleurs une tendance à la baisse du taux de la natalité. Le nombre moyen de personnes par ménage (taille du ménage) est de 5,9, alors que cette taille était de 6,6 personnes en 1998, selon les mêmes résultats. Pour les ménages ordinaires et collectifs, la taille est de 5,9 personnes, alors que celle des ménages nomades est de 7,7, note la même source. L’évolution de la taille moyenne des ménages ordinaires et collectifs est passée de 6,4 en 1998 à 5,8 en 2008 pour l’agglomération chef-lieu, de 6,7 à 6,1 pour l’agglomération secondaire et de 7,2 à 6,4 pour la zone éparse. Selon des spécialistes, cette baisse est peut-être due au niveau d’éducation des nouveaux couples. Ces derniers ont tendance à limiter le nombre d’enfants, mais il n’en demeure pas moins que les conditions sociales ne sont pas étrangères à ce recul de la natalité.
Le pouvoir d’achat et la consommation des ménages ont peut-être rogné les budgets des familles, ce qui s’explique aussi par un recul de l’âge du mariage. S’ajoutent à cela les incontournables problèmes de logement, du chômage ainsi que tant d’autres problèmes socioprofessionnels.

Lynda BEDAR