Le colonel Ali Baâli libéré par le FBI

Après une garde à vue de 3 jours, le département d’Etat américain et la CIA interviennent

Le colonel Ali Baâli libéré par le FBI

Par Djamel Zerrouk, Jeune Indépendant, 3 février 2003

Le porte-parole du Mouvement algérien des officiers libres (MAOL, organisation regroupant des dissidents de l’armée algérienne) et animateur d’un site internet connu sous l’appellation du colonel Ali Baâli, a été relâché par les autorités américaines après trois jours de garde à vue, rapporte le journal électronique Algeria Interface.

Dans son édition de mercredi dernier, le Jeune Indépendant avait annoncé son arrestation par des agents (une vingtaine) de la police fédérale (FBI) après avoir découvert son numéro de téléphone chez un Yéménite, Ahmed E. Errayan, mis sous surveillance pour des «activités commerciales» entre les Etats-Unis et le Yémen avant le 11 septembre 2001.

Ali B. (de son vrai nom Bedroune) a affirmé à Algeria Interface avoir été remis en liberté après l’intervention du département d’Etat américain et de la CIA. Le porte-parole du MAOL, un mouvement se disant opposant au régime algérien actuel, jouissait d’un asile politique aux Etats-Unis qui lui permettait d’avoir des contacts faciles avec le département d’Etat et le Sénat américains, avait-on appris de sources dignes de foi. Il était même consulté par les officiels américains pour les questions liées à la situation interne à l’Algérie.

Le colonel Ali B., qui avait eu à s’exprimer, à partir de Madrid, dans les médias français, a dû quitter le territoire ibérique, une fois devenu indésirable suite aux fortes pressions des autorités algériennes sur Madrid, à un moment où les relations bilatérales ont connu un réchauffement.

Signalons que le site du MAOL, hostile au pouvoir et particulièrement à la hiérarchie militaire du pays, n’a pas connu de mise à jour depuis le 21 novembre 2002. Ali B. avait annoncé précédemment que son mouvement voulait lancer, à partir de l’Europe, une chaîne de télévision par satellite pour «s’adresser directement aux Algériens», mais, selon lui, les «autorités télévisuelles» européennes ont émis un veto.

Ali B. explique son départ de l’Espagne parce que les services de renseignement ibériques exigeaient de lui, en contrepartie d’un asile, des informations sur le potentiel nucléaire algérien. Il avait indiqué que les services américains étaient déjà en contact avec lui et que les discussions ont duré une année.

«Ce qui intéressait [les Américains] le plus était de savoir quelle était l’alternative en Algérie […] L’Algérie est une «zone à risques», ils voulaient savoir, comprendre», avait-il affirmé dans une interview à Algeria Interface. Contacté à ce sujet, le MDN s’est dit non concerné par cette affaire et a refusé de faire tout commentaire. Du côté du ministère des Affaires étrangères, aucun responsable habilité à commenter cette information n’était disponible.

Nous avons également joint l’ambassade des Etats-Unis à Alger, le conseiller à la culture et à l’information, M. Arthur Chris Eccel, a déclaré, pour sa part, qu’il n’était pas au courant de telles «allégations» et qu’il ne détenait, jusqu’à présent, aucune information à ce propos. D. Z.