Le parquet russe l’a affirmé hier: L’Arctic Sea ne transportait que du bois

Le parquet russe l’a affirmé hier: L’Arctic Sea ne transportait que du bois

par Salah C., Le Quotidien d’Oran, 9 septembre 2009

L’affaire du cargo russe Arctic Sea, retrouvé au large de l’Afrique après une mystérieuse disparition, continue d’alimenter l’actualité après que deux journaux, le britannique Sunday Times et l’autrichien Salsburger Nachrichten, aient fait de la présence au bord de ce navire de missiles russes de type S-300 destinés pour l’Iran.

Selon ces deux médias, parmi tant d’autres, qui citent des sources israéliennes, Moscou a décidé d’intercepter le cargo après avoir été alerté qu’un groupe mafieux avait chargé des S-300 à bord pour l’Iran. Le journal de Salsburg avait précisé, dans sa livraison de vendredi denier, que le chargement aurait été effectué alors que le bateau était immobilisé pour réparation dans le port de Kaliningrad, une enclave russe entre la Lituanie et la Pologne.

La réaction de Moscou à cette version ne s’est pas faite attendre. Le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a démenti hier lors d’un point de presse organisé à l’issue de sa rencontre avec son homologue slovaque à Moscou, que le cargo Arctic Sea, détourné fin juillet dans les eaux suédoises, convoyait des missiles sol-air russes S-300 vers l’Iran. Le chef de la diplomatie russe a déclaré que «la présence de S-300 à bord de l’Arctic Sea est absolument fausse. La partie russe va effectuer prochainement une enquête à bord, à laquelle des représentants de l’île de Malte, dont le navire bat pavillon, seront conviés».

M. Lavrov a également indiqué que «tout sera transparent et j’espère que chacun pourra se convaincre que les rumeurs sur la présence à bord de S-300 destinés à l’Iran, étaient sans fondement». Durant la même journée d’hier, le parquet russe a révélé dans un communiqué que les enquêteurs dépêchés sur le navire n’y ont trouvé que du bois. La même source a précisé que ces derniers examinent en détails la cargaison du bateau composée de bois de sciage et qu’aucune autre marchandise n’a été trouvée à bord. Le même communiqué précise que les investigations se poursuivaient.

Le feuilleton de l’Arctic Sea a commencé le 24 juillet lorsqu’il a été investi par des pirates au large des côtes suédoises, alors qu’il était en route vers le port de Béjaïa et à son bord, une cargaison de bois finlandais. Le commando avait utilisé la force et a même fait usage d’armes pour blesser 3 membres de l’équipage russe après s’être présentés comme étant des policiers russes. Cette prise n’aura duré qu’une demi-journée avant que les assaillants ne quittent le navire. Aucune preuve de leur nouvelle destination ni les indices de leur prise du navire à l’exceptions de certaines pistes laissées sur les messages enregistrés. Ceci fera dire à un enquêteur suédois que cette opération a été minutieusement préparée. La situation prendra une autre tournure avec cette fois la disparition du navire. Devant transiter obligatoirement par le détroit de Gibraltar pour gagner le port algérien de Béjaïa, le cargo a cependant changé d’itinéraire avant que la marine russe le découvre le 17 août dernier à 480 km des côtes capverdiennes.

A rappeler, enfin, que les 8 membres de l’équipage que le parquet général russe avait accusés d’avoir détourné le navire ont, par le biais d’un avocat, accusé le capitaine du bateau de les avoir retenus à bord pendant 3 semaines. La dernière version ayant vu le jour a été celle mettant à l’index les services de renseignements israéliens, le Mossad, qui aurait orchestré cette affaire.