Snapap : la guerre des clans

Snapap : la guerre des clans

Par Nabila K., Le Jeune Indépendant, 4 septembre 2002

Un groupe de personnes, s’autoproclamant nouvelle direction du SNAPAP, a organisé hier une conférence de presse à la maison de la Presse Tahar-Djaout. Ce groupe dénie le statut de secrétaire général de cette organisation syndicale à M. Malaoui et déclare que cette responsabilité échoit à Hasna Boumlikha, un des animateurs de la rencontre avec la presse, qui a été élu lors d’un conseil national extraordinaire, «tenu quelque part à Alger».

D’ailleurs, cette conférence a été perturbée quelques minutes après son début par un groupe de syndicalistes partisans de Malaoui. Le groupe en question est venu dénoncer M. Boumkhila, comme étant un usurpateur qui a fait l’objet d’une exclusion du syndicat. «Cet imposteur ne peut pas être le secrétaire général du SNAPAP. Il a tenu le conseil national extraordinaire clandestinement et sans la présence de tous les représentants des wilayas», criaient les syndicalistes. Critiquant la gestion de «l’ex-secrétaire général» du SNAPAP, M. Boumkhila, et en faisant allusion à l’appel au sit-in devant le siège de l’APN lors du débat sur le projet de la loi de finances, dira que «Malaoui est incapable de rassembler plus de 1 000 travailleurs». Pis encore, il l’accuse ainsi que son groupe d’appartenance aux deux partis politiques, le FFS et le RCD en l’occurrence. «Je n’ai aucun problème avec ces deux partis mais le groupe de Malaoui a des penchants pour eux, alors que le syndicat doit observer une neutralité», a-t-il déclaré. Pour leur part, les protestataires, avant de quitter la salle de conférence, expliquent que le problème qui les opposent à Boumkhila est entre les mains de la justice qui doit trancher.

Interrogé sur le lieu du déroulement du conseil national extraordinaire qui a validé son poste, le conférencier refuse de piper mot, se contentant de dire : «Il sera connu au moment opportun», a-t-il déclaré. Concernant la pétition qui a circulé contre lui où plus d’une dizaine de personnes certifie n’avoir pas assisté audit conseil qui l’a élu comme secrétaire général, M. Boumkhila précisera que cette pétition est fausse et qu’elle n’est nullement fondée.

Par ailleurs, il saisit l’occasion pour se prononcer sur le projet de loi de la Fonction publique. Le secrétaire général bis du SNAPAP dira que son syndicat refuse catégoriquement ce statut qui est taillé sur mesure pour lui le considérant comme étant «une loi philosophique alourdie de mesures disciplinaires». De plus, ajoute le conférencier, «aucun syndicat n’a été consulté pour son élaboration». Avant de dire «L’expérience nous a permis de constater que tous les projets élaborés sans consultation ont failli à leur mission». N. K.

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Le secrétaire général du SNAPAP dans une déclaration au Jeune Indépendant

«Boumlikha obéit à un clan du pouvoir»

Par Djamel Zerrouk, Le Jeune Indépendant, 4 septembre 2002

«Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une manœuvre orchestrée par un clan du pouvoir. L’objectif étant clair comme de l’eau de roche, le SNAPAP dérange.» C’est en ces termes que le secrétaire général du Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique commente la sortie de Hasni Boumlikha, qui, lors d’une conférence de presse organisée, hier, à la maison de la Presse, a juré par tous les saints qu’il était l’unique secrétaire général de cette organisation syndicale (lire l’article de Nabila K.) et que Malaoui (NDLR, l’actuel secrétaire général) n’était qu’un vulgaire imposteur. «De toutes façons, les journalistes ont dû constater chez ce monsieur (NDLR, Boumlikha) des inepties criantes. Incapable de divulguer le lieu où a eu lieu son soi-disant conseil national, il n’omet pas non plus de porter des critiques, somme toutes gratuites, sur certains partis politiques. On ne se comporte pas comme cela si l’on veut faire du syndicalisme», nous a indiqué M. Malaoui dans un bref entretien téléphonique.

Tenant à rappeler les dernières assises du conseil exécutif de son organisation qui ont lieu les 30 et 31 août dernier, «en présence de l’ensemble de la presse nationale et couvertes par la télévision nationale», le secrétaire général du SNAPAP ne fait pas dans la dentelle lorsqu’il évoque les dessous d’une affaire «cousue de fil blanc». «Pourquoi Boumlikha a-t-il choisi ce moment précis pour s’autoproclamer secrétaire général du SNAPAP ?» s’interroge-t-il avant d’apporter la réponse suivante : «Ce sont S’iadou (NDLR, ses maîtres) qui lui ont demandé de le faire. Le but ? empêcher le SNAPAP de porter l’étendard de la colère des travailleurs, surtout que le syndicat vient d’annoncer une série d’actions pour les jours qui viennent», a-t-il ajouté avant de conclure : «Loin d’avoir les moyens adéquats, le SNAPAP ne se laissera jamais intimider ; il a le quitus de 400 000 fonctionnaires et le soutien d’organisations internationales comme le Bureau international du travail (BIT) et l’Organisation internationale des syndicats du secteur public.» D. Z.