Imposante marche populaire jeudi à Béjaïa

Imposante marche populaire jeudi à Béjaïa

Plusieurs milliers de personnes dans les rues

Fatah Dellys, Le Quotidien d’Oran, 28 juillet 2001

Si la marche de mercredi-dernier, organisée par le comité populaire de wilaya (tendance composée de syndicalistes) issu, selon toute vraisemblance, de la scission consommée avec l’autre mouvement dénommé «coordination inter-communale», n’a connu qu’une moyenne participation, celle de jeudi, à l’appel de la coordination, a réuni une foule importante estimée à plusieurs milliers de personnes.

Très tôt le matin, ce sont des centaines de bus venus pratiquement de toutes les communes de la wilaya qui ont déversé des marées de citoyens qui se sont regroupés au Théâtre régional de Béjaïa (TRB). A dix heures, ils étaient des dizaines de milliers. Les personnes, organisées en carrés pour chaque commune, étaient encadrées par un service de vigilance pour prévenir toute infiltration et dérapage. Une banderole à la tête de chaque carré permettait d’identifier la commune et une distance de vingt mètres séparait les formations. Aussi organisée que disciplinée, la marche s’est ébranlée vers 10h30. La foule était impressionnante et les artères menant vers le point d’arrivée, étaient noires de monde. Les marcheurs portant des banderoles et les portraits de toutes les victimes tombées durant les évènements, scandaient des slogans hostiles au pouvoir. Des «youyous» fusaient, saluant les marcheurs, tandis que des femmes, du haut de leurs balcons, les arrosaient d’eau de jasmin.

C’était tout simplement impressionnant par l’ampleur du nombre, la discipline et le caractère pacifique de la manifestation. Après avoir observé une minute de silence à l’endroit-même où le jeune Hafnaoui avait trouvé la mort et qui se situe, par le fait du hasard, face à l’immeuble où le vieux couple Arribi avait succombé aux conséquences de l’inhalation de gaz lacrymogènes, la marche s’ébranla de nouveau.

A l’arrivée des marcheurs à l’esplanade de l’OPOW, un meeting a été improvisé. Différents orateurs se sont succédés pour souligner que la lutte doit continuer pour la concrétisation des revendications des populations. Certains ont exigé la réintégration du directeur de l’Education de la wilaya, limogé pour avoir autorisé la tenue des assises de la coordination au lycée d’Ihadadden, ainsi que celle des travailleurs licenciés, pour avoir apporté leur soutien au mouvement. Il a également été exigé la levée des poursuites judiciaires à l’encontre de tous les manifestants du «printemps noir» à l’échelle nationale et la réparation de tous les préjudices causés. La coordination a conclu par un appel à la population lui demandant de rester vigilante et mobilisée.

A quatorze heures, c’est dans un carrousel d’applaudissements et de klaxons que les citoyens des communes de la wilaya ont repris le chemin du retour dans le calme et la discipline.

 

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