La population de Jijel en colère

LA POPULATION DE JIJEL EN COLERE / Les émeutes font tache d’huile

Par Fodil S., El Watan, 5 novembre 2001

Après la localité de T’lata, dans la commune de Taher, la contestation a gagné hier la commune de l’Emir Abdelkader (15 km au sud-est de Jijel) et la localité de Bazoul relevant de la commune de Taher.

Ainsi, alors que les délégués des habitants de T’lata étaient en conclave avec le wali et d’autres responsables de l’exécutif, la route nationale 43 reliant Jijel à Constantine a été une nouvelle fois bloquée au niveau de Bazoul, non loin du port de Djendjen et de la gare de tri de la SNTF. Dès 10 h, des citoyens ont arrêté la circulation routière en dressant des pneus et des pierres sur la chaussée. Même les piétons qui essayaient de traverser ce barrage improvisé étaient refoulés par les protestataires. Ces derniers posent l’éternel problème de l’eau ainsi que de la nécessité de réaliser une passerelle pour enjamber la RN 43 dont la dense circulation reste la cause de nombreuses victimes originaires de la localité de Bazoul. Outre ces deux derniers points, les contestataires demandent la réalisation des réseaux d’égout et le règlement des problèmes liés au foncier. D’un autre côté, ils insistent sur l’aménagement de la route et surtout la recherche d’une solution pour les eaux usées de Taher déversées sur l’oued Nil qui, disent-ils, détériorent la qualité des terres agricoles. Côté emploi, ils revendiquent la priorité dans l’embauche au port de Djendjen et à la gare de tri de Bazoul. Le mouvement qui s’est déroulé dans le calme a cessé après un accord avec le chef de daïra et le président de l’APC de Taher. Après des pourparlers, la route a été rouverte à 15 h 30. Au niveau de l’Emir Abdelkader, c’est un autre scénario qui s’est joué. Des personnes assez jeunes auxquelles se sont joints des écoliers ont bloqué la sortie ouest du chef-lieu de commune menant à Jijel via Kaous et Tassoust. Toujours le même tableau : pneus, pierres et même des arbres déracinés. Certains adolescents étaient armés de couteaux et de gourdins, et montraient un air menaçant. Un commerçant révélera à ce propos qu’il a vendu des dizaines de couteaux ces derniers jours. Pour cette commune, les revendications concernent principalement l’aménagement de la cité El Mendjer, la réalisation des travaux de voirie et l’éclairage public. Jusqu’en fin d’après-midi, la situation était toujours électrique à l’Emir Abdelkader où l’autorité de l’Etat restait la chose la plus imperceptible. Avec la multiplication des mouvements de contestation, certains y voient une recomposition de la carte politique dans la wilaya. Ainsi, hormis Texenna, dont le FLN préside aux destinées, les autres communes touchées sont toutes tenues par le RND qui risque de laisser beaucoup de plumes lors des prochaines échéances électorales.

 

 

Retour